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PÊCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
7.2. INTERPRÉTATION
DU PHÉNOMÈNE DE SUCCESSION
7.20. Causes
Les causes des successions écologiques ne sont encore qu’imparfaitement
connues. Que le climat soit une des causes principales orientant le phénomène, cela est indéniable puisque les stades d’équilibre (relatifs) finaux ou
climax (7.31) varient avec le climat. Le climat n’est cependant pas le facteur
causal normal (exception faite des évolutions importantes résultant d’une
modification plus ou moins rapide du climat 7.300), puisque le phénomène
de succession existe dans les périodes de climat stable. Dans l’état de nos
connaissances actuelles, les causes des successions sont à considérer comme
de nature physique ou de nature biologique.
Sous l’effet de l’érosion, les cours d’eau s’allongent, leurs sources se
déplacent vers l’amont, tandis qu’à l’aval le profil en long s’aplanit de plus
en plus, permettant la création de méandres et de nombreux bras (7.40).
De leur côté lacs et étangs se comblent du fait des apports d’alluvions (7.41).
De nouveaux plans d’eau sont ainsi créés, sans vie aquatique au départ.
Des plans d’eau froide deviennent des plans d’eau chaude. Des plans d’eau
voient leur profondeur diminuer pour devenir parfois nulle. En un mot les
conditions physiques de l’habitat, auxquelles devront s’adapter les constituants de toute communauté, sont soumises à une évolution lente mais en
général permanente.
Quelle que soit l’importance de ces modifications physiques de l’habitat,
il semble bien que le phénomène de succession soit, comme dans les expériences de Woodruff et de Eddy (7.12), une caractéristique de la communauté qui le peuple. Les faits montrent que la réaction d’une communauté
sur son habitat tend, tout au moins à partir d’un certain stade, à le lui rendre
de moins en moins favorable et au contraire plus favorable pour un autre
groupement d’organismes, et cela, jusqu’à ce qu’apparaisse un stade d’équilibre ou climax représenté par une communauté qui ne constitue pas ellemême sa propre cause d’extinction (7.31).
7.21. Conséquences
Comme nous le verrons (7.31), un habitat primitivement vierge est d’abord
colonisé par un petit nombre d’espèces dites pionniers. Si le climat n’est pas
trop extrême, ces premières espèces seront remplacées par d’autres, plus
nombreuses, formant des communautés de type intermédiaire dites sères
ou séries, puis par d’autres, toujours plus nombreuses, jusqu’à l’établissement
d’une communauté définitive aux multiples constituants ou climax. Cet
accroissement du nombre des espèces tend vers une utilisation de toutes les
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