SUCCESSIONS ÉCOLOGIQUES. VÉRIFICATION DU PRINCIPE
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complexes, s’est effectué à des vitesses très variables. Certains sont encore
relativement jeunes tandis que d’autres sont déjà complètement transformés
en tourbières. Les stades actuels différents de ces divers lacs confirment
leur histoire respective telle qu’elle a pu être reconstituée par l'utilisation
du carbone radioactif (Welch, 1952).
7.12. Production en laboratoire de successions écologiques
L’une des premières expériences réalisées en laboratoire, pour confirmer
la notion de succession orientée, est due à Woodruff (1912). Ce dernier
prépara des infusions de foin et observa les microorganismes qui se développaient à la surface de ses cultures. Les types de protozoaires se succédèrent
dans l’ordre suivant : Monad, Colpoda, Hypotrichida, Paramœcium, Vorticella
et finalement Amoeba. Woodruff pensa alors que les périodes de développement maximum des diverses espèces étaient sous la dépendance de certaines de leurs caractéristiques biologiques en relation avec leur rapidité de
reproduction relative.
Eddy (1928) reprit ce type d’expérience, mais cette fois sur 15 séries de
cultures, chaque série différant par un facteur de l’environnement et un seul.
De cette façon l’auteur pouvait comparer, d’une part à l’intérieur de chaque
série des cultures conduites dans les mêmes conditions, d’autre part, de séries
à séries des cultures conduites avec variation d’un facteur de l’environnement.
Le fait important fut qu’à l’intérieur de chaque série toutes les cultures
présentèrent la même succession d’organismes avec une régularité chronologique remarquable. Contrairement à son prédécesseur, Eddy attribua ce
phénomène de succession non pas à une différence dans la rapidité de reproduction des espèces qui se succédaient, mais à un accord de chaque espèce
avec les conditions du milieu qui se modifiaient progressivement du fait de
l’accumulation des produits d’excrétion, et en particulier de l’oxygène dissous.
Comparant les successions qu’il avait ainsi obtenues en laboratoire avec les
successions terrestres végétales, Eddy déclarait que toute succession tendait
finalement vers un état d’équilibre (relatif) dont les dominants ne cédaient
plus la place à d’autres dominants : conception actuelle du climax (7.31).
Eddy pensait que si ces infusions étaient protégées de l’évaporation elles
auraient fini par s’assécher néanmoins par sédimentation progressive continue
des cadavres de leurs microorganismes, répétant ainsi le sort des lacs qui,
peu à peu, se transforment en tourbières ou en prairies, puis en forêts.
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complexes, s’est effectué à des vitesses très variables. Certains sont encore
relativement jeunes tandis que d’autres sont déjà complètement transformés
en tourbières. Les stades actuels différents de ces divers lacs confirment
leur histoire respective telle qu’elle a pu être reconstituée par l'utilisation
du carbone radioactif (Welch, 1952).
7.12. Production en laboratoire de successions écologiques
L’une des premières expériences réalisées en laboratoire, pour confirmer
la notion de succession orientée, est due à Woodruff (1912). Ce dernier
prépara des infusions de foin et observa les microorganismes qui se développaient à la surface de ses cultures. Les types de protozoaires se succédèrent
dans l’ordre suivant : Monad, Colpoda, Hypotrichida, Paramœcium, Vorticella
et finalement Amoeba. Woodruff pensa alors que les périodes de développement maximum des diverses espèces étaient sous la dépendance de certaines de leurs caractéristiques biologiques en relation avec leur rapidité de
reproduction relative.
Eddy (1928) reprit ce type d’expérience, mais cette fois sur 15 séries de
cultures, chaque série différant par un facteur de l’environnement et un seul.
De cette façon l’auteur pouvait comparer, d’une part à l’intérieur de chaque
série des cultures conduites dans les mêmes conditions, d’autre part, de séries
à séries des cultures conduites avec variation d’un facteur de l’environnement.
Le fait important fut qu’à l’intérieur de chaque série toutes les cultures
présentèrent la même succession d’organismes avec une régularité chronologique remarquable. Contrairement à son prédécesseur, Eddy attribua ce
phénomène de succession non pas à une différence dans la rapidité de reproduction des espèces qui se succédaient, mais à un accord de chaque espèce
avec les conditions du milieu qui se modifiaient progressivement du fait de
l’accumulation des produits d’excrétion, et en particulier de l’oxygène dissous.
Comparant les successions qu’il avait ainsi obtenues en laboratoire avec les
successions terrestres végétales, Eddy déclarait que toute succession tendait
finalement vers un état d’équilibre (relatif) dont les dominants ne cédaient
plus la place à d’autres dominants : conception actuelle du climax (7.31).
Eddy pensait que si ces infusions étaient protégées de l’évaporation elles
auraient fini par s’assécher néanmoins par sédimentation progressive continue
des cadavres de leurs microorganismes, répétant ainsi le sort des lacs qui,
peu à peu, se transforment en tourbières ou en prairies, puis en forêts.
