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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
trophes, l’apparition et la disparition d’espèces végétales différentes dans
un ordre déterminé.
Ces faits furent confirmés ces dernières années par les techniques de la
Paléoécologie que Caïn (1944) définit ainsi : « Étude des biocénoses du
passé sur la base des concepts et méthodes écologiques, pour autant qu’elles
puissent être utilisées » ou encore dans un sens plus large : « Étude des interactions dans le passé de la terre, de l’atmosphère et de la biosphère ».
Toute étude de ce genre présuppose évidemment: (1) que les principes
mêmes de l’écologie n’ont pas varié au cours des âges ; (2) que l’écologie
des espèces fossiles peut se déduire de nos connaissances sur l’écologie des
espèces analogues actuelles.
Cette description a posteriori d’écosystèmes révolus requiert :
— d’identifier des espèces anciennes que nous supposerons avoir vécu
sous un climat analogue à celui que requièrent leurs correspondants actuels ;
— de retrouver les époques auxquelles ont vécu ces diverses espèces
de façon à pouvoir établir leur ordre chronologique de succession.
Dans le cas des lacs dystrophes et des tourbières qui en proviennent,
les reliques du passé sont principalement constituées par les tests calcaires
des organismes aquatiques (coquilles, carapaces, squelettes) et par les grains
de pollens des plantes aquatiques, ou des plantes terrestres avoisinantes
(Erdtman, 1943 ; Caïn, 1944 ; Potzger, 1946).
L’appréciation de l’âge de ces matériaux anciens se pratique à l’heure
actuelle en utilisant la vitesse de décomposition, connue ou supposée stable,
d’un élément radioactif. Pour les recherches géologiques on utilise souvent
la teneur en uranium dont la « moitié de vie » est de 7,6 billions d’année,
ce qui veut dire que durant ce laps de temps la moitié de toute quantité
d'uranium se sera transformé en plomb. Pour les recherches biologiques
telles que celles qui nous préoccupent, le carbone radioactif 14C est d’une
manipulation beaucoup plus aisée, et sa « moitié de vie » égale à 5 500 ans
est suffisante. Produit à un taux constant dans la haute atmosphère par
les rayons cosmiques, le carbone radioactif 14C est absorbé par les plantes
en même temps que le carbone ordinaire C12, sous forme de CO2 lors de l’assimilation chlorophyllienne. De là il passe aux animaux. Après la mort des
organismes, végétaux ou animaux, leurs cadavres n’absorbent plus de carbone radioactif et celui-ci commence à se désintégrer. Étant connue la teneur
en carbone radioactif des organismes vivants, une teneur de moitié dans un
organisme fossile correspondra à un âge de 5 500 ans, du quart à 11 000 ans, etc.
7.11. Examen de lacs dystrophes de même âge géologique,
mais d’âges biologiques différents
Parmi les nombreux lacs dystrophes du nord des États-Unis et du Canada,
1 écologiste a la possibilité d’étudier des lacs situés dans une région homogène. de même âge géologique, mais dont le vieillissement, pour des raisons
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