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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
des terrains de fraye pour un contingent de géniteurs parfois très important
donne lieu à des mortalités compensatrices.
(3) Lors de l’avalaison enfin, le franchissement du barrage constitué
par les poissons prédateurs, entre les frayères et l’estuaire, donne lieu à des
mortalités anticompensatrices. Un jour peut arriver où l’action combinée
des mortalités en mer et dans les frayères est telle que le contingent d’alevins d’avalaison n’est pas suffisant pour submerger les prédateurs. Ou bien
le stock de saumons disparaît, ou bien il n’est plus constitué que de rescapés
en nombre insuffisant pour rétablir la situation, jusqu’au jour où une variation climatique amènera un abaissement accidentel massif des mortalités
indépendantes. Ce sera le « coup d’épaule » qui permettra à ces rescapés de
rétablir la situation.
L’action combinée de ces diverses mortalités impose aux diverses espèces
une mortalité totale dont l’importance moyenne est très variable, et qui
se trouve être d’autant plus grande que les espèces sont plus sujettes aux
mortalités anticompensatrices et surtout d’une façon plus générale aux
mortalités d’origine climatique. C’est dire que ces mortalités auront tendance
à être d’autant plus fortes que le climat est plus extrême.
Dans un habitat limité, chez toutes les populations qui ont terminé
leur période de colonisation, les mortalités compensatrices, dues principalement à la compétition, tendent à maintenir ou à rétablir la densité de ces
populations au niveau de la charge biotique de cet habitat. C’est dire que
finalement un couple de géniteurs succède à un autre couple de géniteurs,
tout le reste ayant péri par mortalité naturelle ou par capture (2.5).
D’une sélection naturelle millénaire il résulte que tout se passe comme si
les moyens de défense dont disposent les espèces contre les mortalités subies
par leur progéniture étaient directement fonction de l’importance de ces
mortalités. Ces moyens de défense peuvent être classés en trois groupes :
importance de la ponte, soins que les parents prennent ultérieurement de
leur ponte, nombre de pontes compris dans le cycle vital d’une espèce.
(1) Quantité d’espèces sont dotées d’une fécondité prodigieuse; leurs
œufs sont abandonnés sans aucune protection : les uns, pélagiques, flottent
entre deux eaux, caractéristique surtout des poissons de mer (morue, sardine,
flétan, maquereau) ; les autres tombent et reposent au fond sur les pierres
ou la végétation (corégone, alose) ; d’autres ne se contentent pas de tomber au fond, ils se collent aux supports sur lesquels ils arrivent (esturgeon,
carpe, brochet, éperlan).
(2) D’autres espèces dotées d’une fécondité moins prodigieuse assurent
à leurs œufs, voire à leurs alevins, une certaine protection dont la nature
est très variable : truites et saumons enterrent leurs œufs dans les gravières,
par 10, 20 et 30 centimètres de profondeur, les mettant ainsi à l’abri des
prédateurs de toutes sortes ; black-bass et perches-soleil disposent leur ponte
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