ORGANISATION SOCIALE. POPl LATIONS
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dans un nid dont le mâle monte la garde. La femelle de certains Cichlidés
africains, dont font partie les fameux tilapias, ou pond dans un nid ou fait
incuber les œufs dans sa bouche. Même après l'éclosion elle reprend ses
petits en bouche en cas de danger. Certaines espèces enfin sont ovovivipares. Outre les requins, les raies et de nombreuses espèces tropicales appréciées des aquariophiles, il faut mentionner ici les gambusies qui ont été
propagés un peu partout de par le monde vers 1920 par la Croix-Bouge
Internationale, pour lutter contre la malaria.
(3) La durée de vie des poissons est assez variable. Les espèces nordiques
longévives ont en général une croissance lente ; une fois adultes, leurs pontes
sont au maximum annuelles. Les espèces tropicales ont en général une vie
plus courte, une croissance beaucoup plus rapide, et des pontes multiples
au cours d’une année qui ne connaît guère de grands changements de température.
Le résultat de l’action combinée de ces divers facteurs est en général
de stabiliser le niveau des populations. Prenons le cas d'espèces nordiques
à très grand nombre d’œufs sans aucune protection : morue, hareng, corégone des Grands Lacs Nord-Américains... Ces espèces sont normalement
soumises à d’énormes mortalités, de l’ordre de 99,98 à 99,999 pour cent
en moyenne avant d’arriver à l’âge adulte. Cela correspond évidemment
à une résilience énorme, mais à un taux de survie infime. Qu’arrive une année
avec des conditions climatiques un peu plus défavorables que la moyenne
pour la reproduction, et toute celle-ci est anéantie. La survie moyenne est
tellement faible qu’il suffit d’un rien pour la supprimer. Le même phénomène
peut se répéter deux, trois, cinq, six années de suite. Si, en retour, la septième
année les conditions de fraye sont supérieures à la moyenne, la résilience
jouera et il suffira d’une réduction infime sur le taux de mortalité moyen
pour que la septième année comble tous les vides, et au delà, des six années
précédentes. Le niveau de la population piscicole se trouve ainsi stabilisé
de même que le rendement des pêches. Celles-ci toutefois, au lieu de comporter des représentants de toutes les classes d’âges, ne comporteront qu’un
petit nombre de classes d’âges correspondant uniquement aux « bonnes
années de fraye» (6.120 — fig. 6.1).
6.16. Dispersion
Par dispersion C) il faut entendre les émigrations, les immigrations
et les migrations ou départs périodiques suivis de retour que les individus
d’une population sont susceptibles d’accomplir d’un habitat à un autre.
Jusqu’à présent nous avons étudié la dynamique d'une population dans
son habitat. En fait natalité, mortalité, courbe de croissance, densité de cette
(1) Le terme dispersion vise ici des mouvements d’individus d’une même espèce d’un habitat
à un autre. Le terme «répartition» visait au contraire la structure interne d'une population
dans l’habitat qu’elle occupe (6.121).
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dans un nid dont le mâle monte la garde. La femelle de certains Cichlidés
africains, dont font partie les fameux tilapias, ou pond dans un nid ou fait
incuber les œufs dans sa bouche. Même après l'éclosion elle reprend ses
petits en bouche en cas de danger. Certaines espèces enfin sont ovovivipares. Outre les requins, les raies et de nombreuses espèces tropicales appréciées des aquariophiles, il faut mentionner ici les gambusies qui ont été
propagés un peu partout de par le monde vers 1920 par la Croix-Bouge
Internationale, pour lutter contre la malaria.
(3) La durée de vie des poissons est assez variable. Les espèces nordiques
longévives ont en général une croissance lente ; une fois adultes, leurs pontes
sont au maximum annuelles. Les espèces tropicales ont en général une vie
plus courte, une croissance beaucoup plus rapide, et des pontes multiples
au cours d’une année qui ne connaît guère de grands changements de température.
Le résultat de l’action combinée de ces divers facteurs est en général
de stabiliser le niveau des populations. Prenons le cas d'espèces nordiques
à très grand nombre d’œufs sans aucune protection : morue, hareng, corégone des Grands Lacs Nord-Américains... Ces espèces sont normalement
soumises à d’énormes mortalités, de l’ordre de 99,98 à 99,999 pour cent
en moyenne avant d’arriver à l’âge adulte. Cela correspond évidemment
à une résilience énorme, mais à un taux de survie infime. Qu’arrive une année
avec des conditions climatiques un peu plus défavorables que la moyenne
pour la reproduction, et toute celle-ci est anéantie. La survie moyenne est
tellement faible qu’il suffit d’un rien pour la supprimer. Le même phénomène
peut se répéter deux, trois, cinq, six années de suite. Si, en retour, la septième
année les conditions de fraye sont supérieures à la moyenne, la résilience
jouera et il suffira d’une réduction infime sur le taux de mortalité moyen
pour que la septième année comble tous les vides, et au delà, des six années
précédentes. Le niveau de la population piscicole se trouve ainsi stabilisé
de même que le rendement des pêches. Celles-ci toutefois, au lieu de comporter des représentants de toutes les classes d’âges, ne comporteront qu’un
petit nombre de classes d’âges correspondant uniquement aux « bonnes
années de fraye» (6.120 — fig. 6.1).
6.16. Dispersion
Par dispersion C) il faut entendre les émigrations, les immigrations
et les migrations ou départs périodiques suivis de retour que les individus
d’une population sont susceptibles d’accomplir d’un habitat à un autre.
Jusqu’à présent nous avons étudié la dynamique d'une population dans
son habitat. En fait natalité, mortalité, courbe de croissance, densité de cette
(1) Le terme dispersion vise ici des mouvements d’individus d’une même espèce d’un habitat
à un autre. Le terme «répartition» visait au contraire la structure interne d'une population
dans l’habitat qu’elle occupe (6.121).
