ORGANISATION SOCIALE. POPULATIONS
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6.161,1. Mortalités anticompensatrices, ou exagératrices, ou inversement
dépendantes de la densité
Sous l’effet des mortalités compensatrices, étudiées depuis déjà longtemps,
les populations A et B d’une même espèce, l’une forte, l’autre faible à une
époque donnée, cohabitant dans un même milieu, ne pourraient garder
leur différence de densité pendant des années, voire des dizaines d’années.
Le propre de ces mortalités compensatrices serait en effet d’amener ces deux
populations sensiblement au môme niveau. Or les faits sont là, avec les saumons pacifiques, pour nous montrer qu’une population forte .4 et une population faible B de saumons pink ou chum peuvent cohabiter dans le même
milieu et conserver leur différence d’importance. C’est la preuve selon
Neave (1953) qu’il existe d’autres causes de mortalité, non étudiées jusqu’à
ce jour, et qui peuvent contrecarrer l’effet des mortalités compensatrices.
Neave étudie alors l’importance d’un facteur prédation qui s’exerce pendant
quelques heures seulement sur les jeunes alevins de ces espèces, et montre
que ce facteur représente un cas typique de mortalité anticompensatrice.
Rappelons que ces deux espèces de saumons pacifiques fraient dans les
petits fleuves côtiers, au voisinage immédiat de la mer. Les alevins, sitôt
sortis des graviers, après résorption de leur vésicule, dévalent vers la mer
qu’ils atteignent au bout de quelques centaines de mètres, parfois un ou
deux kilomètres. Dévalant en bancs, de nuit, sans autre préoccupation que
d’atteindre la mer, ces alevins sont sans défense devant les divers poissons
prédateurs qu’ils trouvent sur leur passage. Si le nombre d’alevins à dévaler
chaque nuit pendant la période de migration est faible, les prédateurs locaux
arriveront à y prélever une dîme considérable (86,2 pour cent lorsque l'importance de la ponte est de 8 500 000 œufs dans McClinton Creek). L’importance relative de cette prédation diminuera au fur et à mesure que la densité
de la migration d’avalaison augmentera. Au delà d’une certaine densité,
les prédateurs ne prendront plus qu’un nombre fixe d’alevins, correspondant
à leur capacité d’absorption maximum (57,6 pour cent pour une ponte
de 13 200 000 œufs; 14,4 pour cent pour une ponte de 50 800 000 œufs;
5 pour cent pour une ponte de 139 500 000 œufs).
Ayant présent à l’esprit l’existence de ces deux sortes de mortalité,
compensatrice et anticompensatrice, les problèmes de fluctuation de niveau
des populations nous paraîtront plus simples. Supposons d’abord, avec Neav e,
que, toutes autres conditions égales d’ailleurs, intervienne une réduction
du nombre de géniteurs de saumons pink (par pêche ou autrement). A cette
réduction correspondra une augmentation du taux de survie jusqu au
stade d’alevins sortant des gravières (résilience). Si la réduction du nombre
de géniteurs n’a pas été excessive, le nombre d’alevins d avalaison se trouvera
alors être sensiblement le même qu’auparavant. Si au contraire le nombre
de ces alevins d’avalaison se trouve être considérablement réduit (ce qui
peut provenir soit de circonstances ambiantes exceptionnellement défavoVinERT et Lagi.kh. — Pêches continentales.
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