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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
se serait par ailleurs traduite par une raréfaction progressive. Ces sardines
ont-elles été tuées en masse, ou sont-elles parties vers d’autres régions de
l’Océan Pacifique? Mystère. Plus de 600 000 dollars de crédits annuels ont
été consacrés à l'élargissement des recherches sur la sardine, qui ne devront
plus se contenter comme auparavant de statistiques, de biologie propre à
l’espèce, mais devront étudier surtout les conditions écologiques de vie de
la sardine.
Il est très vraisemblable que des phénomènes analogues se produisent
également pour nos espèces purement fluviales ; mais les résultats ne se
chiffrent pas par la mise en chômage de 86 grandes usines. Ils n’attirent
pas l’attention du public avec la même acuité.
Il résulte de ces fluctuations de densité des populations, dans lesquelles
la pèche des années précédentes n’intervient que comme l’un des facteurs,
que le tonnage des captures prélevé sur une espèce peut varier facilement
d’une année sur l’autre du simple au quadruple et même davantage. Prétendre dégager l’évolution générale d’une population de l’examen des statistiques de captures des quelques années antérieures n’est donc qu’une
illusion. Pareille analyse pour être valable doit donc obligatoirement porter
sur une période assez longue.
6.15. Régulation de la densité des populations
6. 150. Notions générales
Sans autre frein que les décès dus à la vieillesse, sous la seule impulsion
de son potentiel biotique, chacune des quelque 2 millions d’espèces végétales ou animales existantes, ou des quelque 500 millions d’espèces disparues (Simpson, 1952) aurait submergé la terre entière avec une extrême rapidité (2.5). Pour expliquer la non réalisation de ce potentiel biotique, nous
avons fait intervenir la notion commode de résistance de l’environnement (6.131) qui «comprime» une partie plus ou moins importante de ce
potentiel biotique, le met en réserve, ou encore l’empêche de se manifester
jusqu'au moment où un relâchement temporaire de cette résistance de l’environnement lui permet de se donner libre cours. C’est ce potentiel biotique
en réserve qui est baptisé résilience (Thompson, 1943,1950 ; Pritchard, 1948 ;
Ne ave, 1953) et qui entretient le renouvellement régulier des stocks des
pêcheries non surexploitées, où les captures ne dépassent pas la capacité
de la résilience (2.5).
Etant un complexe de facteurs multiples la résistance de l’environnement
est plus ou moins variable. Lorsque cette résistance est sujette à de légères
variations, ne dépassant pas les limites de la résilience, elle provoque
de légères fluctuations de densité des populations, périodiques ou apériodiques, de part et d autre de la charge biotique ou charge utile caractérisant leur habitat (6.132). Lorsque cette résistance est considérablement
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