ORGANISATION SOCIALE. POPULATIONS
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seulement apparaissent les années impaires. Au sud de Queen Charlotte
Sound, l’inverse se produit, ce sont les années impaires qui sont favorisées.
En 1931 et 1935, dans le McClinton Creek, totalement déserté par les
saumons en années paires, on tenta d’implanter artificiellement un stock
pour ces années creuses: près de 1 400 000 alevins furent déversés, dont plus
de 230 000 marqués. On obtint en tout et pour tout 44 retours (Wolf, 1951),
dont 4 dans McClinton Creek et 40 dans le Fraser. Au total, échec complet
à ajouter à la série des échecs à peu près totaux en matière d’acclimatation
de saumon (10.042,11).
Quoi qu’il en soit, cette périodicité spectaculaire reste inexpliquée.
Nous en sommes encore réduits aux hypothèses : faut-il faire intervenir
l’existence d’une «catastrophe» périodique qui anéantirait le frai tous les
deux ans ? Faut-il simplement retenir que, selon la théorie de Thompson (1951),
s’est établie au départ une race ayant son origine sur une année déterminée
et non sur deux années consécutives. La reproduction n’ayant lieu qu’une
fois et à l’âge de deux ans justifierait alors ces périodes d’abondance arrivant une année sur deux.
6.142. Fluctuations apériodiques
Walford (1950), avec l’exemple de l’alose de 1"Hudson, Alosa sapidissirna, montre qu’il existe des facteurs de la production que nous ignorons
encore complètement. En 1900, les captures étaient de quatre millions de
livres par an en moyenne. Avec les pêches intensives, les pollutions, l’édification de barrages en aval des meilleures zones de frayères, le tonnage capturé diminua de 80, puis de 98 pour cent. Au moment où l’on s’attendait
à l’extinction totale de l’espèce, l’abondance revint sans aucune cause apparente : un million de livres capturées en 1936, cinq millions en 1944 !!! A non
veau maintenant cette espèce se raréfie de plus en plus.
Dans les espèces purement maritimes, nous trouvons avec les sardines
un autre exemple frappant et catastrophique de l’existence d'un facteur de
production inconnu.
En 1950, la presse française relata la situation pénible des pêcheurs de
Saint-.Jean-de-Luz qui ne trouvaient plus de bancs de sardines et étaient
réduits au chômage. Le fait n’était malheureusement pas isolé. La côte
pacifique de l’Amérique du Nord détenait le record mondial pour la pèche
de la sardine et du pilchard : 500 000 tonnes par an, représentant 30 millions
de dollars. Statistiques et études biologiques étaient si poussées qu'avant
chaque saison de pêche les services intéressés pouvaient prédire, à peu de
chose près, compte tenu du nombre et des caractéristiques des bateaux armés,
l’importance du tonnage qui serait capturé et sa composition en classes
d’âge. Or, brutalement, la sardine fit défaut sur ses lieux de pêche habituelle.
Les 86 usines de San Francisco et de Monterey travaillant la sardine furent
réduites au chômage. Une surexploitation du stock est ici hors de cause :
ce dernier était surveillé de près par les biologistes. I ne surexploitation
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