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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
tivement rares et peu dangereuses les espèces qui n'arrivent jamais à une
densité suflisante pour épuiser leur nourriture et, sur le plan égoïste, pour
lui ravager une culture. Seront au contraire qualifiées d espèces communes
celles qui arrivent à une densité suflisante pour lui ravager, voire même
détruire complètement cette culture.
6.121,2. Agrégation
Le goût de la société se trouve beaucoup plus répandu dans la nature
que le goût de la solitude. Les espèces plus ou moins grégaires sont les plus
communes. Cette caractéristique a le grave inconvénient de favoriser la
compétition alimentaire, mais procure par contre aux espèces qui la possèdent
un certain nombre d’autres avantages importants, pour la protection des
individus, leur reproduction et l’organisation du travail dans le groupe.
6.121,20. Agrégation et protection individuelle
L'essaim d’abeilles qui dans sa ruche résiste au froid de l’hiver, par l’accumulation des chaleurs individuelles, là où isolées les abeilles périraient, est
un exemple tangible de la protection que peut apporter l’agrégation. Sur le
plan piscicole il faut retenir les travaux d’ALLEE (1931). Ce dernier montra
par exemple que des groupes de poissons résistaient beaucoup mieux à une
teneur en produits toxiques déterminée que des poissons isolés. Les isolés
étaient par ailleurs beaucoup plus résistants placés dans une eau ayant déjà
contenu un groupe de poissons que dans une eau vierge. Dans ce cas, l’eau
« biologiquement conditionnée » contient du mucus et d’autres sécrétions,
qui aident le poisson à résister aux toxiques. En jouant le rôle « d’ectovaccins »
ces sécrétions externes ou « ectocrines » (5.66) arrivent à réaliser en quelque
sorte une « mithridatisation de groupe ».
6.121,21. Agrégation et reproduction
Chez les animaux supérieurs et chez la grande majorité des organismes
en général, la reproduction exige la rencontre des deux sexes. Cette rencontre
est évidemment facilitée chez les espèces qui ne se composent pas d’individus
solitaires en dehors des périodes d’accouplement. Là ne s’arrête pas l’avantage de l'agrégation ; chez de nombreux insectes, poissons, oiseaux et mammifères la reproduction ne se déclenche qu’au delà d’un nombre minimum de
géniteurs.
La reproduction simultanée chez un grand nombre de géniteurs d’une
espèce a par ailleurs l’avantage de concentrer sur un court espace de temps
toute la phase embryonnaire et larvaire du groupe, particulièrement exposée
aux prédateurs. Ceux-ci ont en conséquence à leur disposition des proies en
nombre considérable, mais pendant une durée très limitée ; ils n’ont pas le
temps materiel d en venir à bout. Cette situation, donnant lieu à des morta­
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