ORGANISATION SOCIALE. POPULATIONS
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de se produire, leurs individus entrant en compétition spatiale, ou compétition
de prestige, bien avant que la compétition alimentaire ne puisse se déclencher.
Chez ces espèces, l'individu, ou le couple qui a choisi son cantonnement,
entend le conserver comme son territoire propre, et le défend contre tout
intrus de sa propre espèce plus violemment encore que contre un individu
d'une autre espèce, surtout en période de reproduction. Dans un habitat
donné, la densité d’une telle population se trouve forcément limitée au départ
par la main-mise des reproducteurs les plus forts sur les territoires de leur
choix, les plus faibles étant condamnés à disparaître ou à aller chercher fortune ailleurs.
Chaque territoire ainsi choisi doit évidemment comporter les diverses
zones de fraye, d’alimentation et d’abris, voire de jeux et de chants pour les
mammifères et les oiseaux (5.51). L’étendue de ces territoires se trouve limitée
par les possibilités de défense du titulaire, ainsi que l’a décrit Lorenz (1952)
pour les épinoches :
« Lorsque deux épinoches se livrent bataille, on peut prédire sans grandes
chances d’erreur comment finira le combat : celui qui est le plus éloigné de
son nid perdra la partie. Au voisinage de son nid le mâle le plus petit vaincra
le plus gros. Le vaincu file à son nid, le vainqueur emporté par sa victoire
poursuit l’autre furieusement loin dans ses terres. Le courage du vainqueur
s’affaiblit d’autant plus qu’il s’éloigne de chez lui, tandis que le courage du
vaincu s’accroît en proportion. Arrivé au voisinage de son nid le vaincu reprend
courage, se retourne et charge furieusement son adversaire. Une nouvelle
bataille commence qui. avec une certitude absolue, se termine par la défaite
du vainqueur primitif, et la poursuite reprend en direction opposée. Cette
poursuite se répète un certain nombre de fois, tantôt dans un sens, tantôt
dans l’autre, à la façon d’un pendule qui en fin de course arrive à un état
d’équilibre en un certain point. La ligne sur laquelle la combativité des individus s’équilibre définit la limite de leurs territoires. »
Un autre exemple classique et facile à observer, de défense d'un territoire,
est celui des blackbass et des sunfish. A l’approche d'un intrus, le mâle qui
garde le nid écarte ses nageoires puis charge l’importun. Ce comportement
se manifeste aussi bien avant qu’après la ponte, ce qui montre qu'il s'agit
bien de la défense d’un emplacement et non pas seulement de la défense de
la progéniture. La défense du territoire peut porter (Nice, 1941): 1° sur la
zone d’accouplement, d’alimentation et d’élevage des jeunes ; 2° uniquement
sur les zones d’accouplement et d’élevage ; 3° uniquement sur la zone d'accouplement ; 4° uniquement sur la zone d’élevage.
Ainsi limités dans le temps, chez certaines espèces, la défense d'un territoire et le caractère d’isolement qui le caractérise ne s'opposent pas à ce que
prévale le caractère grégaire à d’autres époques de l’année.
Les espèces dont les individus, les couples, voire de petits groupes, restent
solitaires tout au long de l’année sont à qualifier d'espèces rares au sens que
peut pratiquement donner à ce mot le cultivateur. Pour ce dernier sont effec
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de se produire, leurs individus entrant en compétition spatiale, ou compétition
de prestige, bien avant que la compétition alimentaire ne puisse se déclencher.
Chez ces espèces, l'individu, ou le couple qui a choisi son cantonnement,
entend le conserver comme son territoire propre, et le défend contre tout
intrus de sa propre espèce plus violemment encore que contre un individu
d'une autre espèce, surtout en période de reproduction. Dans un habitat
donné, la densité d’une telle population se trouve forcément limitée au départ
par la main-mise des reproducteurs les plus forts sur les territoires de leur
choix, les plus faibles étant condamnés à disparaître ou à aller chercher fortune ailleurs.
Chaque territoire ainsi choisi doit évidemment comporter les diverses
zones de fraye, d’alimentation et d’abris, voire de jeux et de chants pour les
mammifères et les oiseaux (5.51). L’étendue de ces territoires se trouve limitée
par les possibilités de défense du titulaire, ainsi que l’a décrit Lorenz (1952)
pour les épinoches :
« Lorsque deux épinoches se livrent bataille, on peut prédire sans grandes
chances d’erreur comment finira le combat : celui qui est le plus éloigné de
son nid perdra la partie. Au voisinage de son nid le mâle le plus petit vaincra
le plus gros. Le vaincu file à son nid, le vainqueur emporté par sa victoire
poursuit l’autre furieusement loin dans ses terres. Le courage du vainqueur
s’affaiblit d’autant plus qu’il s’éloigne de chez lui, tandis que le courage du
vaincu s’accroît en proportion. Arrivé au voisinage de son nid le vaincu reprend
courage, se retourne et charge furieusement son adversaire. Une nouvelle
bataille commence qui. avec une certitude absolue, se termine par la défaite
du vainqueur primitif, et la poursuite reprend en direction opposée. Cette
poursuite se répète un certain nombre de fois, tantôt dans un sens, tantôt
dans l’autre, à la façon d’un pendule qui en fin de course arrive à un état
d’équilibre en un certain point. La ligne sur laquelle la combativité des individus s’équilibre définit la limite de leurs territoires. »
Un autre exemple classique et facile à observer, de défense d'un territoire,
est celui des blackbass et des sunfish. A l’approche d'un intrus, le mâle qui
garde le nid écarte ses nageoires puis charge l’importun. Ce comportement
se manifeste aussi bien avant qu’après la ponte, ce qui montre qu'il s'agit
bien de la défense d’un emplacement et non pas seulement de la défense de
la progéniture. La défense du territoire peut porter (Nice, 1941): 1° sur la
zone d’accouplement, d’alimentation et d’élevage des jeunes ; 2° uniquement
sur les zones d’accouplement et d’élevage ; 3° uniquement sur la zone d'accouplement ; 4° uniquement sur la zone d’élevage.
Ainsi limités dans le temps, chez certaines espèces, la défense d'un territoire et le caractère d’isolement qui le caractérise ne s'opposent pas à ce que
prévale le caractère grégaire à d’autres époques de l’année.
Les espèces dont les individus, les couples, voire de petits groupes, restent
solitaires tout au long de l’année sont à qualifier d'espèces rares au sens que
peut pratiquement donner à ce mot le cultivateur. Pour ce dernier sont effec
