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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
il se doit du plus simple au plus complexe. Facteurs climatiques, alimentaires, spatiaux, sociaux. Ces derniers, jusqu’à présent, ont surtout été étudiés
en fonction de leur relation avec la nutrition, mais il n’était encore question
que de macrochimie alimentaire, stade dépassé depuis longtemps dans la
physiologie des organismes végétaux et animaux, qui ne saurait plus se concevoir sans l’étude des sécrétions internes ou endocrines et de leur équilibre.
En fait, on ne saurait de même comprendre la physiologie d’une communauté
peuplant un écosystème en faisant abstraction des sécrétions ectocrines.
Celles-ci sont représentées par les sécrétions qui sont déversées dans la circulation de l’écosystème par les membres de la communauté qui l’habitent. Ces
sécrétions comprennent entre autres produits : hormones, vitamines, enzymes,
caroténoïdes, stérols, pénicilline, etc.
La notion de l’existence et de la fonction des ectocrines ne fait que
reprendre en somme la notion relative au terme impropre d’antibiotique
en la généralisant. L’action de ces ectocrines peut être positive, négative ou
nulle ; nous pouvons dire encore tonique, toxique ou nulle, selon qu’elle
s’exerce sur telle ou telle espèce, à tel ou tel stade de son évolution, et cela
à telle ou telle concentration.
Un exemple polyvalent d’effet toxique est celui des organismes se nourrissant de phytoplancton. Contrairement à ce que l’on pourrait croire,
ceux-ci se raréfient en face d’une forte densité de phytoplancton, sans qu’il
soit question d’une pullulation d’une algue particulière sécrétant une toxine
déterminée (5.64). Cette raréfaction porte également sur les organismes
carnivores, et même sur des poissons comme le hareng qui est régulièrement
rare dans les zones particulièrement riches en diatomées.
Un des exemples classiques d’effet positif, tonique, est celui des mycorrhizes, champignons filamenteux qui se développent soit à l’intérieur des
racines de certaines plantes : mycorrhizes endotrophiques (érables, orchidées, bruyères), soit à l’extérieur des racines : mycorrhizes ectotrophiques
(pins, chênes, hickoris, hêtres). On sait à l’heure actuelle que les graines d’orchidées ne peuvent se développer complètement en l’absence de mycorrhizes,
parce qu’elles sont incapables de faire la synthèse d’une vitamine essentielle
du groupe aneurine. C’est le champignon qui en fait la synthèse et la lui
fournit. Des phénomènes du même ordre justifient vraisemblablement les
symbioses de nature métabolique qui lient les mycorrhizes aux autres espèces.
Clarke (1954) cite à ce sujet le cas des pionniers des États-Unis qui, dans
leur marche vers l’Ouest, essuyèrent échecs sur échecs dans leurs tentatives
pour semer certaines essences d’arbres au voisinage de leurs nouvelles
demeures. Le succès vint, lorsque d’abord le hasard, puis des inoculations dûment choisies apportèrent au préalable à ces terres vierges les
mycorrhizes indispensables à la croissance de telle ou telle espèce. N’est-ce
pas un phénomène du même ordre qui intervient dans la mauvaise qualité,
sur le plan biologique, de l'« eau du robinet » qui ne devient favorable à la
vie aquatique qu'une fois qu’on lui a laissé le temps de se «conditionner».
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