ENVIRONNEMENT. INDICES DE PRODUCTIVITÉ
161
A peu près délaissées jusqu’à ces derniers temps, faute d'être suffisamment
connues, ces ectocrines ont cependant dû jouer et jouent encore un rôle de
premier plan dans l’évolution, dont l’écologie ne constitue qu’un fragment
temporaire. Il suffit pour cela de considérer l’oxygène qui nous entoure et
qui conditionne la vie animale. Ce gaz. n'avait pas d'existence libre au début.
Ce n'est qu une sécrétion ectocrine du monde végétal accumulée durant des
millions d’années.
Selon la théorie de Lwoff (1943), les organismes primitifs étaient capables
de faire la synthèse de tous les produits. Au cours de l’évolution, de nombreuses espèces perdirent l’aptitude de faire la synthèse d'un ou de plusieurs
de ces « métabolites essentiels ». Elles durent alors, ou disparaître, ou se le
procurer de l’extérieur. Le métabolite, sécrété par les formes qui peuvent
encore en faire la synthèse, « devient un facteur de croissance ou une vitamine ». Le besoin en vitamine ou facteur de croissance, n’est plus, sur le plan
de l’évolution, que la conséquence de la perte d’une fonction.
Au fur et à mesure de leur apparition et de leur déversement dans le
milieu vital, ces produits du métabolisme ont joué dans les phénomènes
d’adaptation un rôle probablement tout aussi important, quoique moins
spectaculaire que les prédateurs. Ce sont eux qui rendent compte de la façon
la plus satisfaisante des phénomènes de succession (7.20) : chaque espèce,
à l’apogée de son développement, finit par être intoxiquée par des produits
de son métabolisme, produits qui ont au contraire rendu le milieu favorable
à une autre espèce.
5.7. INDICES DE PRODUCTIVITÉ
En limnologie théorique, l’un des problèmes principaux est l’estimation
de la productivité. En limnologie appliquée, l’un des problèmes principaux
est l’aménagement des plans d’eau en vue d’accroître leur productivité.
La solution satisfaisante de ces problèmes se trouvera malheureusement
retardée tant que l’on n’aura pas trouvé une unité permettant, sur tous
plans d’eau, de chiffrer, de totaliser et de comparer les valeurs respectives
des facteurs de la productivité qui sont aussi nombreux que divers dans leur
nature. Un progrès sérieux est à enregistrer dans ce domaine avec le travail
de Hayes (1957). Toutefois, dans l’état de nos connaissances actuelles, ce
sont les méthodes d’appréciation approximative de la productivité de
Léger (1910, 1945), reprises et complétées par Huet (1949, 1958), qui,
malgré leur degré de subjectivité, nous semblent être pour le moment d'un
usage plus facile et plus général.
La productivité théorique des eaux continentales serait, selon Hi et,
donnée par les deux formules :
Eaux courantes : W = B X L X A + Productivité des mares
d’inondation.
Eaux stagnantes : IE' = 10 x B x A.
Précédent

- 187/752

Suivant