environ des champignons actinomycètes et des lichens, ainsi que bon nombre
de végétaux supérieurs, produisent des substances antibiotiques.
Sur le plan de 1 hydrobiologie, les phénomènes d’antagonismes entre
espèces d’algues différentes sont maintenant reconnus (Lefèvre et al., 1952).
Ce sont eux qui sont bien souvent à la base des phénomènes de périodicité
des espèces d’algues dans un plan d’eau (Rice. 1949). A son tour, le développement du zooplancton peut être sérieusement entravé par les antibiotiques
provenant de certains organismes du phytoplancton (Rytuer. 1954).
Sur le poisson, les résultats de ces actions antibiotiques revêtent parfois
une allure catastrophique. Otterstrom et Nielsen (1940) ont rendu compte
de mortalités importantes survenues en Hollande, en Allemagne et au
Danemark du fait des produits d’excrétion d'un flagellé, le Prymnesium
parvum. Prescott (1948) montra que les « fleurs d’eau » d’algues bleues,
spécialement du genre Microcistis, produisaient une substance toxique,
l’hydroxylamine, qui pouvait entraîner la mort du poisson et du bétail
s’abreuvant de l’eau la contenant. En mer, la pullulation de certains organismes, connus sous le nom de marée rouge (red tide), produit des mortalités
massives des organismes aquatiques, poissons compris. C’est ainsi qu’en
1946-1947, sur la côte ouest de Floride, une pullulation soudaine d’un dinoflagellé, Gymnodinium brevis, entraîna une mortalité totale du poisson sur
une superficie de plusieurs milliers de milles carrés (Gunter et al., 1948;
Clarke. 1954).
Ce type d’action négative, peut-il, comme la compétition, la prédation
ou le parasitisme, avoir une signification écologique sur le plan adaptation
sélection?... La question est discutée par Lucas (1949) (5.66).
5.65. Interactions positives :
commensalisme, protocoopération, mutualisme
Les théories de Darwin sur la lutte pour la vie et la survivance du plus
apte ont monopolisé l’attention des chercheurs sur l'étude des interactions
négatives : compétition, prédation, parasitisme et dernièrement action
antibiotique. Ces interactions qui se soldent par la déchéance ou la mort
du plus faible ont par ailleurs l’avantage incontestable pour l’observateur
d’être visibles, voire même spectaculaires. Dans l’antiquité, les Romains
se passionnaient pour les jeux du cirque. De nos jours, les spectacles et la
presse ne consacrent-ils pas la presque totalité de leurs programmes aux
interactions humaines négatives : guerres, révolutions, luttes politiques
ou sportives, assassinats, accidents, vols... quelle est la place faite aux aides
et entr’aides de tous les jours entre humains? C’est un fait assurément que
ces interactions négatives peuvent être la cause de notre mort prématurée,
ce qui mérite attention. C’est un fait non moins certain, qu’en attendant
la mort, notre vie n’est possible que grâce aux innombrables interactions
positives, aux innombrables «échanges de service» que nous avons tous les
Précédent

- 183/752

Suivant