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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
5.631. Exemple de cycle vital complexe de parasite
Parmi les cycles complexes de parasites, l’un des plus typiques, celui
du ver trematode Clinostomum marginatum (fig. 5.25), a été décrit par
Hunter (1935) et Lagler (1956).
(1) Au stade adulte le parasite existe dans la cavité buccale du grand
héron bleu où il est fermement fixé par ses crampons.
(2) Les œufs émis par les adultes tombent dans l’eau tandis que le héron
y recherche sa nourriture.
(3) La larve issue de l’œuf est pourvue de cils qui lui permettent de
nager, et d’une sorte de stylet qui lui facilitera la pénétration dans l’hôte
suivant : un escargot d’eau.
(4) A l'intérieur de l’escargot, premier hôte intermédiaire, la larve subit
plusieurs transformations qui l’amènent finalement au stade de cercaire.
(5) Le cercaire, avec une grosse tête et une queue bifide, nage librement
en tous sens jusqu’à ce qu’il ait la chance de rencontrer une espèce de poisson
lui convenant comme deuxième hôte intermédiaire.
(6) Le cercaire perfore alors la peau de ce poisson (une perche sur le
schéma). A l'intérieur des muscles du poisson le cercaire perd sa queue et
s’enkyste.
(7) Lorsque le poisson ainsi infecté est mangé par un héron, hôte définitif, le kyste se transforme en ver adulte qui se fixe sur les tissus de la bouche,
de la gorge ou de l’œsophage de l’oiseau... et le cycle recommence.
Avec un tel cycle le Clinostomum marginatum ne pourra apparaître dans
un plan d’eau qu’à la condition que celui-ci soit fréquenté à la fois par le
héron, les escargots d’eau et des espèces de poissons sensibles à ce parasite.
Lorsque cela sera le cas, il sera bien difficile de l’éliminer. En étang, un assec
suivi de la destruction des poissons infectés sera à lui seul totalement inopérant. Il faudrait en plus détruire tous les escargots, puis empêcher leur
retour. En eau libre le contrôle de tels parasites est dans l’état de nos connaissances actuelles difficile à envisager.
5.64. Amensalisme (antibiose, action antibiotique)
Nombreux sont les organismes, bactéries, champignons, algues en particulier, dont les produits peuvent être nocifs à d’autres organismes. Sur le
plan médical, faction de la pénicilline, de la streptomycine, de l’auréomycine
ou autres antibiotiques est maintenant connue du public. Ces antibiotiques,
produits d’excrétion de champignons, exercent sur des bactéries pathogènes
une action négative, pouvant aller jusqu’à la destruction. Bien que découvert seulement à une époque récente, ce phénomène n’en est pas moins
des plus répandus dans la nature. D’après Burkiiolder (1952), la moitié
PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
5.631. Exemple de cycle vital complexe de parasite
Parmi les cycles complexes de parasites, l’un des plus typiques, celui
du ver trematode Clinostomum marginatum (fig. 5.25), a été décrit par
Hunter (1935) et Lagler (1956).
(1) Au stade adulte le parasite existe dans la cavité buccale du grand
héron bleu où il est fermement fixé par ses crampons.
(2) Les œufs émis par les adultes tombent dans l’eau tandis que le héron
y recherche sa nourriture.
(3) La larve issue de l’œuf est pourvue de cils qui lui permettent de
nager, et d’une sorte de stylet qui lui facilitera la pénétration dans l’hôte
suivant : un escargot d’eau.
(4) A l'intérieur de l’escargot, premier hôte intermédiaire, la larve subit
plusieurs transformations qui l’amènent finalement au stade de cercaire.
(5) Le cercaire, avec une grosse tête et une queue bifide, nage librement
en tous sens jusqu’à ce qu’il ait la chance de rencontrer une espèce de poisson
lui convenant comme deuxième hôte intermédiaire.
(6) Le cercaire perfore alors la peau de ce poisson (une perche sur le
schéma). A l'intérieur des muscles du poisson le cercaire perd sa queue et
s’enkyste.
(7) Lorsque le poisson ainsi infecté est mangé par un héron, hôte définitif, le kyste se transforme en ver adulte qui se fixe sur les tissus de la bouche,
de la gorge ou de l’œsophage de l’oiseau... et le cycle recommence.
Avec un tel cycle le Clinostomum marginatum ne pourra apparaître dans
un plan d’eau qu’à la condition que celui-ci soit fréquenté à la fois par le
héron, les escargots d’eau et des espèces de poissons sensibles à ce parasite.
Lorsque cela sera le cas, il sera bien difficile de l’éliminer. En étang, un assec
suivi de la destruction des poissons infectés sera à lui seul totalement inopérant. Il faudrait en plus détruire tous les escargots, puis empêcher leur
retour. En eau libre le contrôle de tels parasites est dans l’état de nos connaissances actuelles difficile à envisager.
5.64. Amensalisme (antibiose, action antibiotique)
Nombreux sont les organismes, bactéries, champignons, algues en particulier, dont les produits peuvent être nocifs à d’autres organismes. Sur le
plan médical, faction de la pénicilline, de la streptomycine, de l’auréomycine
ou autres antibiotiques est maintenant connue du public. Ces antibiotiques,
produits d’excrétion de champignons, exercent sur des bactéries pathogènes
une action négative, pouvant aller jusqu’à la destruction. Bien que découvert seulement à une époque récente, ce phénomène n’en est pas moins
des plus répandus dans la nature. D’après Burkiiolder (1952), la moitié
