ENVIRONNEMENT. FACTEl'RS SOCIAVX
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présence, ou que d’autres modifications brutales rompent l’équilibre établi
de longue date dans un écosystème.
5.622. Optique actuelle sur le contrôle des prédateurs
A l’heure actuelle, les interventions de l'homme sur les écosystèmes naturels sont de plus en plus nombreuses et importantes. Tantôt il intervient par
ses barrages ou ses pollutions industrielles, rompant ainsi un équilibre de
façon défavorable pour lui sur le plan piscicole ; tantôt, par sa pêche, il
intervient directement comme prédateur, et il se peut que pour obtenir la
part du lion il lui faille réduire l’importance des autres prédateurs, en compétition avec lui. La politique de non intervention n’est pas suffisante, mais les
précisions ci-dessus nous montrent la complexité du problème, et la délicatesse de toute intervention. Parmi celles effectuées ces dernières années,
quelques-unes sont à signaler, instructives par leurs résultats positifs ou
négatifs.
Sur les saumons, espèces d’eaux froides et à faible capacité de reproduction, de même que les truites, il était a priori indiqué de tenter, sur les
plans d’eau où ils se montraient particulièrement nombreux, une limitation des prédateurs reconnus comme importants : anguilles, harles, martinspêcheurs américains... Les résultats furent en général des plus encourageants
(Huntsman, 1941 ; Elson,1950; Ricker, 1952; Write, 1953; Smith, 1954,
1955 ; Lindroth, 1955).
La loutre, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne semble pas en
général porter un tort sérieux aux espèces rapides comme la truite ou le
saumon. Les analyses stomacales montrent en effet que cet animal a un menu
varié : invertébrés (écrevisses en particulier), grenouilles, serpents, oiseaux,
mammifères, bon nombre de poissons mauvais nageurs... et peu de truites
ou de saumons : Lagler et Ostenson (1942), Greer (1955), Ryder (1955).
On cite même le cas d’un des étangs littoraux des Landes sur lequel la pêche
a été améliorée par un vieux pêcheur au filet qui y réintroduisit des loutres,
celles-ci ayant complètement disparu.
Sur les Grands Lacs américains, Huron, Michigan et Supérieur, les populations de qualité de cristivomers, Salvelinus namaycush, et de corégones,
Coregonus clupeajormis, ont régressé récemment dans des proportions catastrophiques à la suite d’une invasion de lamproies marines, Petromyzon
marinus, qui ont eu accès à ces Grands Lacs par le canal latéral aux chutes
du Niagara (qui était cependant ouvert dès 1824). Ce phénomène est un
exemple typique de l’importance que peuvent avoir les effets négatifs des
prédateurs lorsqu’il y a mise en présence de nouvelles espèces. Cette invasion
déclencha la plus vaste entreprise de contrôle de prédateurs entreprise à
ce jour : étude biologique préalable pour découvrir les phases les plus sensibles
du cycle vital ; arrêt par grilles électriques des remontées de géniteurs sur
leurs frayères ; destruction de larves par toxiques sélectifs ; quelle que soit
l’ampleur des moyens mis en œuvre, l’invasion n'est pas encore maîtrisée
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présence, ou que d’autres modifications brutales rompent l’équilibre établi
de longue date dans un écosystème.
5.622. Optique actuelle sur le contrôle des prédateurs
A l’heure actuelle, les interventions de l'homme sur les écosystèmes naturels sont de plus en plus nombreuses et importantes. Tantôt il intervient par
ses barrages ou ses pollutions industrielles, rompant ainsi un équilibre de
façon défavorable pour lui sur le plan piscicole ; tantôt, par sa pêche, il
intervient directement comme prédateur, et il se peut que pour obtenir la
part du lion il lui faille réduire l’importance des autres prédateurs, en compétition avec lui. La politique de non intervention n’est pas suffisante, mais les
précisions ci-dessus nous montrent la complexité du problème, et la délicatesse de toute intervention. Parmi celles effectuées ces dernières années,
quelques-unes sont à signaler, instructives par leurs résultats positifs ou
négatifs.
Sur les saumons, espèces d’eaux froides et à faible capacité de reproduction, de même que les truites, il était a priori indiqué de tenter, sur les
plans d’eau où ils se montraient particulièrement nombreux, une limitation des prédateurs reconnus comme importants : anguilles, harles, martinspêcheurs américains... Les résultats furent en général des plus encourageants
(Huntsman, 1941 ; Elson,1950; Ricker, 1952; Write, 1953; Smith, 1954,
1955 ; Lindroth, 1955).
La loutre, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne semble pas en
général porter un tort sérieux aux espèces rapides comme la truite ou le
saumon. Les analyses stomacales montrent en effet que cet animal a un menu
varié : invertébrés (écrevisses en particulier), grenouilles, serpents, oiseaux,
mammifères, bon nombre de poissons mauvais nageurs... et peu de truites
ou de saumons : Lagler et Ostenson (1942), Greer (1955), Ryder (1955).
On cite même le cas d’un des étangs littoraux des Landes sur lequel la pêche
a été améliorée par un vieux pêcheur au filet qui y réintroduisit des loutres,
celles-ci ayant complètement disparu.
Sur les Grands Lacs américains, Huron, Michigan et Supérieur, les populations de qualité de cristivomers, Salvelinus namaycush, et de corégones,
Coregonus clupeajormis, ont régressé récemment dans des proportions catastrophiques à la suite d’une invasion de lamproies marines, Petromyzon
marinus, qui ont eu accès à ces Grands Lacs par le canal latéral aux chutes
du Niagara (qui était cependant ouvert dès 1824). Ce phénomène est un
exemple typique de l’importance que peuvent avoir les effets négatifs des
prédateurs lorsqu’il y a mise en présence de nouvelles espèces. Cette invasion
déclencha la plus vaste entreprise de contrôle de prédateurs entreprise à
ce jour : étude biologique préalable pour découvrir les phases les plus sensibles
du cycle vital ; arrêt par grilles électriques des remontées de géniteurs sur
leurs frayères ; destruction de larves par toxiques sélectifs ; quelle que soit
l’ampleur des moyens mis en œuvre, l’invasion n'est pas encore maîtrisée
