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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
sans leur intervention, seraient morts de toute façon faute d’espace vital ou
de nourriture... tout au moins tant que les possibilités de la résilience ne sont
pas dépassées par les prélèvements des prédateurs. Tout problème relatif aux
prédateurs ne pourra donc être compris qu’autant que l’on connaîtra, fut-ce de
façon approximative, la capacité de reproduction de l’espèce proie.
Toute opération de contrôle des prédateurs n’aura de même quelques
chances de succès qu’autant qu’elle aura été décidée en fonction du type de
prédation en cause (9.72).
Dans le cas du type .4 de Ricker (1952), où, pendant le temps relativement court où ils sont en contact, les prédateurs prennent un nombre déterminé de l’espèce proie, provoquant ainsi une mortalité exagératrice (6.141,1),
toute réduction du nombre de prédateurs sera suivie d’une augmentation
de survie de l’espèce proie (cas des alevins d’avalaison du saumon pink
attaqués par les poissons prédateurs qui se trouvent sur leur passage).
Dans le cas du type B de Ricker, où les prédateurs, pour une abondance
donnée, prennent un pourcentage fixe de l’espèce proie (cas le plus général
en matière piscicole), le résultat dépend de la situation d’équilibre ou de
déséquilibre, au sens de Swingle (8.421,1) des espèces en présence. En cas
de population en équilibre, une réduction raisonnable de l’une ou de l’autre
espèce sera sans effet sur l’équilibre. La résilience comblera les vides. En cas
«le réduction massive, dépassant les possibilités de remplacement de la résilience, on rompra l’équilibre. Les populations déséquilibrées qui en résulteront
donneront alors une pêche inférieure tant en espèces voraces qu’en proies.
Toute intervention est donc inutile, onéreuse et parfois nuisible.
Dans le dernier cas de Rigker, celui du type C, où les prédateurs capturent
sur l’espèce proie tous les individus au delà d’un certain nombre minimum
(par exemple le surplus d’individus pour lesquels il n’y a plus d’abris disponibles), une réduction du nombre de prédateurs sera sans aucun effet, à moins
qu’elle ne soit suffisante pour, au préalable, détruire la situation 6', au bénéfice d’une situation B ou même A.
Nous avons vu que les écosystèmes étaient d’autant plus simples que, du
fait de la latitude ou de l’altitude, ils se rapprochaient davantage du type
arctique. Le nombre d’espèces susceptibles de vivre sous ce climat est des
plus réduits. Les interactions entre proies et prédateurs y seront donc d’autant
plus sensibles, les prédateurs ne pouvant pas toujours trouver une proie de
remplacement en cas de raréfaction de leur proie habituelle.
Enfin, un principe cardinal à ne pas omettre est que les effets négatifs du
phénomène de prédation sont en général minimes entre espèces qui ont eu
une évolution commune dans un écosystème relativement stable. Ceci n’est
que la conséquence obligatoire de la sélection naturelle, puisqu’une réduction
importante continue de l’espèce proie par l’espèce prédatrice n’aurait pu
conduire qu’à l’extinction de l’espèce proie, suivie de l’extinction de l’espèce
prédatrice. Par contre, les prédateurs sont souvent susceptibles de provoquer
des effets négatifs importants lorsque de nouvelles espèces sont mises en»
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