ENVIRONNEMENT. FACTEURS SOCIAUX
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C’est ce qui arrive en général lorsque l’on introduit des gambusies dans un
petit lac à perches à eaux claires et sans végétation littorale.
(2) Si l’on place dans le tube un sédiment d’avoine, comme abri pour la
proie, et si l’on introduit à la fois prédateur et proie, le prédateur commence
à se nourrir sur les proies et augmente en nombre. Devant le danger, un
nombre considérable d’individus de l’espèce proie a tôt fait de pénétrer dans
l’abri constitué par le sédiment d’avoine où les prédateurs ne peuvent les
atteindre. Finalement ces derniers meurent par manque de nourriture. Dans
le cas d’un petit lac avec eaux troubles, ou à végétation littorale, et avec
perches et gambusies, ces derniers pullulent tellement qu’il leur faut. « prendre
l’air » et qu’ils commettent ainsi des imprudences. La densité de la population
de perches sera fonction de la quantité de gambusies qui s'aventureront en
dehors des abris.
(3) Une troisième expérience est réalisée dans des conditions plus complexes destinées à mettre en lumière non plus l’influence des abris seuls mais
celle des immigrations de prédateurs, conditions correspondant non plus à
un petit lac fermé, mais à un milieu largement ouvert comme une rivière,
un grand lac, voire un bassin fluvial largement pourvu d'abris. Les immigrations sont réalisées par ensemencements successifs en Didinium nasutum. A la
première vague d’immigration de prédateurs, quelques proies seulement se
trouvaient dans le tube à essais. Les prédateurs moururent d'inanition et les
proies commençèrent à augmenter considérablement. La seconde vague de
prédateurs rencontra une population de proies beaucoup plus abondante et se
développa considérablement aux dépens de cette dernière. La troisième vague
de prédateurs survint au maximum de densité de ces mêmes prédateurs et
ne provoqua aucun changement. Au moment de la quatrième vague les prédateurs avaient déjà dévoré toutes les proies en dehors de leur abri et avaient
diminué en nombre et dégénéré. A partir de ce moment, la population proie
sous abri commença une nouvelle prolifération non gênée par les prédateurs.
Ces changements périodiques continuèrent avec les immigrations ultérieures
de prédateurs.
Toutes ces éventualités, comme on peut le voir sur la figure 5.24
concordent parfaitement avec l'analyse mathématique du phénomène par
VOLTERRA.
Le phénomène « prédation » a par ailleurs en face de lui celui de la « résilience » (2.5), capacité de reproduction de l’espèce proie, comprimée, neutralisée par l’hostilité de l’ambiance (prédateur compris) mais capable d’une
expansion soudaine au premier relâchement de l'étreinte de cette dernière.
Qu'une partie de la nourriture ou de l’espace vital de l'espèce proie soit
rendue disponible par réduction du nombre de ses individus par les prédateurs, et la résilience de l’espèce proie va automatiquement combler les vides.
Tout se passe comme si les prédateurs (hommes compris) ne prélevaient rien
gur le stock de l’espèce proie, mais tout sur des individus de cette espèce qui,
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