ENVIRONNEMENT. FACTEURS SPATIAUX
139
5.52. Composants quantitatifs de l'espace vital
5.520. Étendue (profondeur et superficie)
En lac profond, c’est un fait reconnu que la zone productrice de benthos
est constituée surtout par la zone littorale ne dépassant guère trois mètres
de profondeur (Kreitman, 1939). En rivière et spécialement en rivière à
truites peu profonde, les travaux de Shetter et Hazzard (1939) concluent
à l’existence d’une corrélation entre la densité du peuplement et la profondeur,
indépendamment du facteur nourriture ou nature du fond. Le défaut de profondeur semble donc pouvoir agir comme facteur limitatif de la production
des rivières à truites. Une faible profondeur augmente de plus la tempérâture
de l’eau.
Nous verrons qu’une trop grande densité de poisson, dans un espace vital
donné, conduit à un défaut de croissance, par suite principalement d’un
manque de nourriture (facteur densité). Il semble bien cependant que le
manque d’espace peut à lui seul freiner la croissance individuelle (Semper,
1880 ; Willer, 1929 ; Hile, 1936).
La corrélation inverse que Rounsefell (1946) avait cru distinguer entre
la superficie des lacs et l’importance à l’hectare de leur stock de poissons n’a
pas été confirmée parles travaux ultérieurs (Moyle, 1949 ; Carlander, 1955).
5.521. Fréquence de la coexistence des conditions favorables
concernant la fraye, l’alimentation et les abris
Les données précédentes nous conduisent à admettre sans difficulté que
sur une région de grande étendue la fréquence des « cantonnements » d’une
espèce sera fonction de la fréquence de la coexistence des conditions favorables
tant à sa reproduction qu’à son alimentation et à la protection dont elle a
besoin.
Nous avons vu par ailleurs qu’à l’intérieur du cantonnement d’une espèce
pouvait apparaître, pour certaines d’entre elles, surtout mammifères et
oiseaux, mais également certains poissons (5.50), un comportement spécial,
surtout en période de reproduction, caractérisé par la défense d’un territoire
par l’entité familiale, en général le couple, qui en a fait élection pour y déposer
ses œufs et y élever ses petits. Dans ce cas il n’y a pas en général plus de
couples à se reproduire qu’il n’y a de points sur le terrain disposant à proximité immédiate de tous les composants qualitatifs d’espace vital qui lui sont
nécessaires. On retrouve là une illustration particulière de la notion générale
de stock limite, charge biotique, charge utile, capacité biologique spécifique
(3.30-Errington, 1934, 1946; Errington et Hamerstrom, 1936).
L’exposé théorique de ce problème a été fait par Léopold (1933) puis
reproduit par Andrewartha et Birch (1954) pour le cas de la caille aîné-
139
5.52. Composants quantitatifs de l'espace vital
5.520. Étendue (profondeur et superficie)
En lac profond, c’est un fait reconnu que la zone productrice de benthos
est constituée surtout par la zone littorale ne dépassant guère trois mètres
de profondeur (Kreitman, 1939). En rivière et spécialement en rivière à
truites peu profonde, les travaux de Shetter et Hazzard (1939) concluent
à l’existence d’une corrélation entre la densité du peuplement et la profondeur,
indépendamment du facteur nourriture ou nature du fond. Le défaut de profondeur semble donc pouvoir agir comme facteur limitatif de la production
des rivières à truites. Une faible profondeur augmente de plus la tempérâture
de l’eau.
Nous verrons qu’une trop grande densité de poisson, dans un espace vital
donné, conduit à un défaut de croissance, par suite principalement d’un
manque de nourriture (facteur densité). Il semble bien cependant que le
manque d’espace peut à lui seul freiner la croissance individuelle (Semper,
1880 ; Willer, 1929 ; Hile, 1936).
La corrélation inverse que Rounsefell (1946) avait cru distinguer entre
la superficie des lacs et l’importance à l’hectare de leur stock de poissons n’a
pas été confirmée parles travaux ultérieurs (Moyle, 1949 ; Carlander, 1955).
5.521. Fréquence de la coexistence des conditions favorables
concernant la fraye, l’alimentation et les abris
Les données précédentes nous conduisent à admettre sans difficulté que
sur une région de grande étendue la fréquence des « cantonnements » d’une
espèce sera fonction de la fréquence de la coexistence des conditions favorables
tant à sa reproduction qu’à son alimentation et à la protection dont elle a
besoin.
Nous avons vu par ailleurs qu’à l’intérieur du cantonnement d’une espèce
pouvait apparaître, pour certaines d’entre elles, surtout mammifères et
oiseaux, mais également certains poissons (5.50), un comportement spécial,
surtout en période de reproduction, caractérisé par la défense d’un territoire
par l’entité familiale, en général le couple, qui en a fait élection pour y déposer
ses œufs et y élever ses petits. Dans ce cas il n’y a pas en général plus de
couples à se reproduire qu’il n’y a de points sur le terrain disposant à proximité immédiate de tous les composants qualitatifs d’espace vital qui lui sont
nécessaires. On retrouve là une illustration particulière de la notion générale
de stock limite, charge biotique, charge utile, capacité biologique spécifique
(3.30-Errington, 1934, 1946; Errington et Hamerstrom, 1936).
L’exposé théorique de ce problème a été fait par Léopold (1933) puis
reproduit par Andrewartha et Birch (1954) pour le cas de la caille aîné-
