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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
Sur le plan de l’hydrobiologie, et plus particulièrement de l’écologie
des poissons, l’étude de l’« habitat » dans lequel cantonne ou est appelée
à cantonner telle ou telle espèce doit donc logiquement se faire en fonction
des besoins de ces espèces. Selon Léopold (1936), puis Andrewartha et
Birch (1954), les vertébrés supérieurs ont en général besoin d’emplacements (en général distincts) leur permettant de se reproduire, de s’alimenter,
de s’abriter, de jouer et de chanter (pour les oiseaux). Ils ont également
besoin de pouvoir passer librement d’un emplacement à l’autre, que ceux-ci
soient contigus (nécessité pour certaines espèces), voire entremêlés, ou qu'ils
soient parfois fort éloignés. Nous examinerons rapidement ce qu’implique
l'existence de ces divers emplacements pour les espèces piscicoles, en laissant
cependant de côté les emplacements nécessaires aux jeux et au chant qui,
jusqu’à présent, ne semblent pas poser de problème pour les organismes
aquatiques. Après cet examen qualitatif de l’espace vital, nous étudierons
le problème sous l’angle quantitatif qui nous ramènera à la notion de capacité biologique spécifique (3.30).
5.51. Composants qualitatifs nécessaires de l’espace vital
5.510. Zone-de fraye
Réserve faite des invertébrés parasites, qui pondent leurs œufs à l’intérieur ou sur une espèce « hôte » déterminée, réserve faite de certains invertébrés aquatiques, qui pondent leurs œufs sur une plante aquatique déterminée, nous savons en réalité fort peu de choses sur les impératifs que requiert
la fraye de nos espèces aquatiques, tant en ce qui concerne le substrat luimême que les stimuli permettant le déclenchement de la ponte. Évidemment
nous savons que truites et saumons pondent en hiver dans des gravières
propres parcourues par un courant modéré. Nous savons qu’ombles et corégones déposent leurs œufs en hiver sur des gravières. Nous savons que nombre
de cyprinidés déposent leurs œufs au printemps sur des herbes aquatiques.
Nous savons que les aloses, comme nombre d’espèces marines, frayent en
pleine eau au printemps. C’est évidemment déjà quelque chose, mais pourquoi
les frayères de truites sont-elles presque toujours à la même place, sur les
mêmes graviers, alors que d’autres apparemment identiques n’ont pas la
visite des reproducteurs? Pourquoi les grenouilles brunes, Rana temporaria,
délaissent-elles fréquemment à la fin de l’hiver l’étang ou le lac dans lequel
elles ont hiberné, pour aller pondre dans un autre étang ou un autre lac parfois fort éloigné? Pourquoi dans ce dernier pondent-elles seulement dans
quelques endroits déterminés, alors qu’il a souvent une apparence parfaitement uniforme .’ Force nous est de conclure que les impératifs de la fraye
de la grenouille brune restent encore pour nous un mystère (Savage, 1934).
Force nous est également de conclure que, tant que nous ne connaîtrons
pas avec suffisamment de précision les impératifs de la fraye de nos principales
espèces de poissons, nous ne pourrons prévoir avec exactitude les répercussions
PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
Sur le plan de l’hydrobiologie, et plus particulièrement de l’écologie
des poissons, l’étude de l’« habitat » dans lequel cantonne ou est appelée
à cantonner telle ou telle espèce doit donc logiquement se faire en fonction
des besoins de ces espèces. Selon Léopold (1936), puis Andrewartha et
Birch (1954), les vertébrés supérieurs ont en général besoin d’emplacements (en général distincts) leur permettant de se reproduire, de s’alimenter,
de s’abriter, de jouer et de chanter (pour les oiseaux). Ils ont également
besoin de pouvoir passer librement d’un emplacement à l’autre, que ceux-ci
soient contigus (nécessité pour certaines espèces), voire entremêlés, ou qu'ils
soient parfois fort éloignés. Nous examinerons rapidement ce qu’implique
l'existence de ces divers emplacements pour les espèces piscicoles, en laissant
cependant de côté les emplacements nécessaires aux jeux et au chant qui,
jusqu’à présent, ne semblent pas poser de problème pour les organismes
aquatiques. Après cet examen qualitatif de l’espace vital, nous étudierons
le problème sous l’angle quantitatif qui nous ramènera à la notion de capacité biologique spécifique (3.30).
5.51. Composants qualitatifs nécessaires de l’espace vital
5.510. Zone-de fraye
Réserve faite des invertébrés parasites, qui pondent leurs œufs à l’intérieur ou sur une espèce « hôte » déterminée, réserve faite de certains invertébrés aquatiques, qui pondent leurs œufs sur une plante aquatique déterminée, nous savons en réalité fort peu de choses sur les impératifs que requiert
la fraye de nos espèces aquatiques, tant en ce qui concerne le substrat luimême que les stimuli permettant le déclenchement de la ponte. Évidemment
nous savons que truites et saumons pondent en hiver dans des gravières
propres parcourues par un courant modéré. Nous savons qu’ombles et corégones déposent leurs œufs en hiver sur des gravières. Nous savons que nombre
de cyprinidés déposent leurs œufs au printemps sur des herbes aquatiques.
Nous savons que les aloses, comme nombre d’espèces marines, frayent en
pleine eau au printemps. C’est évidemment déjà quelque chose, mais pourquoi
les frayères de truites sont-elles presque toujours à la même place, sur les
mêmes graviers, alors que d’autres apparemment identiques n’ont pas la
visite des reproducteurs? Pourquoi les grenouilles brunes, Rana temporaria,
délaissent-elles fréquemment à la fin de l’hiver l’étang ou le lac dans lequel
elles ont hiberné, pour aller pondre dans un autre étang ou un autre lac parfois fort éloigné? Pourquoi dans ce dernier pondent-elles seulement dans
quelques endroits déterminés, alors qu’il a souvent une apparence parfaitement uniforme .’ Force nous est de conclure que les impératifs de la fraye
de la grenouille brune restent encore pour nous un mystère (Savage, 1934).
Force nous est également de conclure que, tant que nous ne connaîtrons
pas avec suffisamment de précision les impératifs de la fraye de nos principales
espèces de poissons, nous ne pourrons prévoir avec exactitude les répercussions
