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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
adsorbés et stockés par la couche superficielle colloïdale du fond, selon des
processus variables qui ont donné lieu à maintes études citées par Nees (1949).
Sur les possibilités d’action pratique des sels azotés et phosphorés comme
facteurs limitatifs de la production, observations et opinions sont encore
quelque peu divergentes. En général les lacs oligotrophes sont pauvres en
composés azotés, alors que les lacs eutrophes sont riches. Prescott (1939)
trouva ainsi une corrélation directe entre la teneur en composés azotés
et la quantité de plancton. Atkins (1929), par contre, ne put mettre en évidence aucune corrélation entre ces deux facteurs pour les lacs de l’état du
Wisconsin. D’autres observateurs se classent également soit pour, soit contre
l’existence de cette corrélation.
Allee et al. (1949) concluent, avec Juday (1942), que les composés
azotés et phosphorés peuvent agir comme facteurs limitatifs de la production des eaux douces libres, que leur rôle dans ce domaine n’est pas encore
complètement élucidé, et que l’on s’accorde plus généralement à reconnaître
l’action limitative d’une insuffisance en sels de phosphore plus qu’une action
limitative des composés azotés seuls.
Les résultats d’observations sur les eaux libres se trouvent à peu près
confirmés par les résultats des multiples expériences de fertilisation des
étangs (9.3-13.0), résultats résumés par Mortimer et Hickling (1954)
dont nous ne pouvons donner que l’essentiel :
Le phosphore apparaît comme l’élément qui joue le plus souvent le rôle
de facteur limitatif de la production (parmi les engrais). Les engrais phosphatés sont donc, en général bénéfiques, et profitent beaucoup plus au plancton qu’à la végétation aquatique herbacée.
Bénéfiques en agriculture, bénéfiques en expériences de laboratoires,
voire même en bassins bétonnés, les engrais azotés n’ont pas encore donné
de résultats probants quand ils sont employés dans des étangs avec un fond
naturel. Les épandages d’engrais azotés et phosphorés ne semblent pas
donner en tous cas de résultats supérieurs à ceux donnés par les épandages
d’engrais phosphorés seuls. Pourquoi cette inefficacité à peu près générale
des engrais azotés, alors que l’azote est l’un des constituants essentiels des
organismes vivants ? L’explication la plus séduisante met en avant le rôle
d’agent fixateur d’azote rempli par certaines algues bleues (5.422,3 — 13.14'1
— 13.142,2 — 13.23). Selon De (1939) et Fogg (1942) cettefixation d’azote par
les algues bleues ne se manifeste que lorsque le milieu est à peu près dépourvu
de nitrates ou de sels d’ammonium. On peut alors convenir avec Mortimer
et Hickling (1954) que «si l’on ajoute des engrais azotés dans un étang
dont le phytoplancton est en majeure partie constitué d’algues bleues fixatrices d’azote, ces engrais seront utilisés par ces algues bleues qui se dispenseront de fixer de l’azote. Si toutefois on accélère leur croissance par un épandage de phosphate et que la teneur en sels azotés soit faible, les algues bleues
fixeront une quantité d’azote équivalant à l’addition de phosphate. Dans
ce cas, la productivité en poissons sera accrue par addition des phosphates,
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adsorbés et stockés par la couche superficielle colloïdale du fond, selon des
processus variables qui ont donné lieu à maintes études citées par Nees (1949).
Sur les possibilités d’action pratique des sels azotés et phosphorés comme
facteurs limitatifs de la production, observations et opinions sont encore
quelque peu divergentes. En général les lacs oligotrophes sont pauvres en
composés azotés, alors que les lacs eutrophes sont riches. Prescott (1939)
trouva ainsi une corrélation directe entre la teneur en composés azotés
et la quantité de plancton. Atkins (1929), par contre, ne put mettre en évidence aucune corrélation entre ces deux facteurs pour les lacs de l’état du
Wisconsin. D’autres observateurs se classent également soit pour, soit contre
l’existence de cette corrélation.
Allee et al. (1949) concluent, avec Juday (1942), que les composés
azotés et phosphorés peuvent agir comme facteurs limitatifs de la production des eaux douces libres, que leur rôle dans ce domaine n’est pas encore
complètement élucidé, et que l’on s’accorde plus généralement à reconnaître
l’action limitative d’une insuffisance en sels de phosphore plus qu’une action
limitative des composés azotés seuls.
Les résultats d’observations sur les eaux libres se trouvent à peu près
confirmés par les résultats des multiples expériences de fertilisation des
étangs (9.3-13.0), résultats résumés par Mortimer et Hickling (1954)
dont nous ne pouvons donner que l’essentiel :
Le phosphore apparaît comme l’élément qui joue le plus souvent le rôle
de facteur limitatif de la production (parmi les engrais). Les engrais phosphatés sont donc, en général bénéfiques, et profitent beaucoup plus au plancton qu’à la végétation aquatique herbacée.
Bénéfiques en agriculture, bénéfiques en expériences de laboratoires,
voire même en bassins bétonnés, les engrais azotés n’ont pas encore donné
de résultats probants quand ils sont employés dans des étangs avec un fond
naturel. Les épandages d’engrais azotés et phosphorés ne semblent pas
donner en tous cas de résultats supérieurs à ceux donnés par les épandages
d’engrais phosphorés seuls. Pourquoi cette inefficacité à peu près générale
des engrais azotés, alors que l’azote est l’un des constituants essentiels des
organismes vivants ? L’explication la plus séduisante met en avant le rôle
d’agent fixateur d’azote rempli par certaines algues bleues (5.422,3 — 13.14'1
— 13.142,2 — 13.23). Selon De (1939) et Fogg (1942) cettefixation d’azote par
les algues bleues ne se manifeste que lorsque le milieu est à peu près dépourvu
de nitrates ou de sels d’ammonium. On peut alors convenir avec Mortimer
et Hickling (1954) que «si l’on ajoute des engrais azotés dans un étang
dont le phytoplancton est en majeure partie constitué d’algues bleues fixatrices d’azote, ces engrais seront utilisés par ces algues bleues qui se dispenseront de fixer de l’azote. Si toutefois on accélère leur croissance par un épandage de phosphate et que la teneur en sels azotés soit faible, les algues bleues
fixeront une quantité d’azote équivalant à l’addition de phosphate. Dans
ce cas, la productivité en poissons sera accrue par addition des phosphates,
