ENVIRONNEMENT. FACTEURS ALIMENTAIRES
127
et surtout en tant que facteur limitatif possible de la production. Depuis
une vingtaine d’années, les travaux se sont multipliés qui ont mis en évidence
I aptitude de certaines algues bleues à fixer directement l’azote dissous
dans l’eau, à l’instar des rhizobiums des légumineuses sur terre. Cultivées,
sélectionnées, ensemencées ensuite en étangs ou en rizières, ces algues bleues
ont bien joué semble-t-il le rôle d’engrais nitraté, et à bien meilleur compte
(Fogg, 1942, 1947; Herisset, 1946; Reijntjes, 1952: Schister, 1952;
IIarada, 1954; Vaas, 1954...).
5.422,4. Composés azotés et phosphorés
Selon Allee et al. (1949) les teneurs extrêmes dans les eaux douces
des divers composés azotés seraient les suivants : nitrates inorganiques
moins de 0,5 ppm, nitrites moins de 0,1, ammoniaque également rare. Ce
sont donc les nitrates qui constituent la source la plus importante pour
l’édification des protéines du règne végétal, puis du règne animal. Leur ori
gine est triple. En premier lieu viennent ce que nous pouvons appeler des
composés azotés d’érosion continentale. En second lieu viennent les composés azotés et phosphorés provenant de la décomposition par les bactéries
des végétaux et animaux aquatiques morts. Enfin viennent les composés
azotés d’érosion atmosphérique. Allee et al. (1949) ont en effet montre
que des précipitations atmosphériques de 60 à 80 centimètres par an entraînaient avec elles de 200 à 400 kilogrammes de nitrates et de composés ammoniacaux par hectare.
Pour les plans d’eau très profonds, océans et grands lacs, cet apport de
surface est d’autant plus utile que les nitrates et phosphates d’érosion terrestre, ou de décomposition de végétaux et animaux aquatiques se concentrent dans les couches profondes où ils ne sont donc pas à la disposition
des algues microscopiques à chlorophylle du phytoplancton qui, ayant
besoin de la lumière solaire pour réaliser la synthèse de la matière vivante
aux dépens des sels dissous dans l’eau, ne peuvent vivre que dans les couches
superficielles.
En mer, et dans certains lacs de grande étendue, il existe heureusement
«le grands courants de fond qui, après s’être chargés de nitrates et de phosphates, viennent affleurer la surface en quelques points qu’ils fertilisent.
Ces points d’émergence sont bien connus des pêcheurs, tout au moins
par les concentrations de poissons qu’ils provoquent : côtes occidentales
d’Afrique, Iles Feroë et Shetland, Islande, Terre Neuve... C’est le domaine
«les eaux vertes, c’est-à-dire riches en plancton végétal, «pii s’oppose au
domaine des eaux bleues remarquablement pauvres et fréquentes sous les
tropiques. Dans les lacs profonds, ce transport en surface des sels accumules
dans les parties profondes se fait à l’occasion des «circulations thermiques
saisonnières», lorsque ces lacs y sont sujets (5.310).
Les composés phosphorés n’existent également qu en dilution très faible
dans les eaux douces, 0,05 ppm en moyenne. Ces composes sont fortement
Précédent

- 153/752

Suivant