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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
Dans le fond des lacs eutrophes, riche en gaz carbonique et en produits
de décomposition, il n’y a guère de vie possible. Dans quelle mesure cette
absence de vie aérobie est-elle due à un excès de gaz carbonique ou de produits de décomposition, ou à un déficit d’oxygène? Cela porte encore à discussion. Powers (1938, 1939) a signalé des mortalités de poissons dues à
de fortes teneurs en gaz carbonique, teneurs qui pourraient parfois être déjà
néfastes à partir de 5 centimètres cubes par litre. Le fait est que les piscicultures alimentées par une eau de source riche en gaz carbonique ont toujours
intérêt à faire bien cascader cette eau, avant emploi, afin de l’aérer. Étant
donné toutefois qu’une forte teneur en gaz carbonique est normalement
jumelée à une faible teneur en oxygène, il n’est pas toujours facile de distinguer leur action respective.
Quelle que soit la complexité des actions du gaz carbonique, les travaux
récents nous autorisent à le considérer comme un des facteurs écologiques
les plus importants, ce qui paraît tout à fait normal, pour peu que l’on se
rappelle la place de ce gaz dans l’évolution du monde actuel. Selon les géologues en effet, l’atmosphère primitive de la terre, avant l’apparition de la
vie, était probablement constituée de vapeur d’eau et de gaz carbonique. Par
suite du refroidissement, une grande partie de la vapeur d’eau se condensa.
Avec l’apparition de la vie, le gaz carbonique fut mobilisé pour la formation
des végétaux, qui par des voies diverses donnèrent les tourbières, le charbon,
et les animaux.
Le gaz carbonique que nous éliminons dans l’atmosphère, et que nous
avons tendance à considérer à tort comme un vulgaire produit de déchet,
ne fait en somme que revenir à sa source après avoir constitué la plus grande
partie de la matière des êtres vivants.
5.422,2. Hydrogène sulfuré
L’hydrogène sulfuré intervient parfois de façon indiscutable comme
facteur limitatif de la production ; au point que dans certains lacs ou fjords
profonds, il peut empêcher toute vie, sauf celle des bactéries anaérobies.
Ce gaz, véritable poison, ne s’accumule heureusement que dans les eaux
stagnantes à fond vaseux et riche en déchets organiques provenant principalement des eaux d’égouts.
5.422,3, Azote
En excès, 1 azote libre dissous dans l’eau provoque dit-on la « maladie
gazeuse » des poissons. Après pénétration dans le sang, ce gaz peut quitter
son état dissous pour former des bulles gazeuses dans les vaisseaux sanguins et causer de véritables embolies. Cette maladie se rencontre surtout
dans les piscicultures alimentées par des conduites sous pression. On ne l’a
jamais signalée en eaux libres.
Aux doses normales, on attribuait jusqu’à ces dernières années pratiquement peu d’importance à l'azote dissous en tant que facteur écologique,
PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
Dans le fond des lacs eutrophes, riche en gaz carbonique et en produits
de décomposition, il n’y a guère de vie possible. Dans quelle mesure cette
absence de vie aérobie est-elle due à un excès de gaz carbonique ou de produits de décomposition, ou à un déficit d’oxygène? Cela porte encore à discussion. Powers (1938, 1939) a signalé des mortalités de poissons dues à
de fortes teneurs en gaz carbonique, teneurs qui pourraient parfois être déjà
néfastes à partir de 5 centimètres cubes par litre. Le fait est que les piscicultures alimentées par une eau de source riche en gaz carbonique ont toujours
intérêt à faire bien cascader cette eau, avant emploi, afin de l’aérer. Étant
donné toutefois qu’une forte teneur en gaz carbonique est normalement
jumelée à une faible teneur en oxygène, il n’est pas toujours facile de distinguer leur action respective.
Quelle que soit la complexité des actions du gaz carbonique, les travaux
récents nous autorisent à le considérer comme un des facteurs écologiques
les plus importants, ce qui paraît tout à fait normal, pour peu que l’on se
rappelle la place de ce gaz dans l’évolution du monde actuel. Selon les géologues en effet, l’atmosphère primitive de la terre, avant l’apparition de la
vie, était probablement constituée de vapeur d’eau et de gaz carbonique. Par
suite du refroidissement, une grande partie de la vapeur d’eau se condensa.
Avec l’apparition de la vie, le gaz carbonique fut mobilisé pour la formation
des végétaux, qui par des voies diverses donnèrent les tourbières, le charbon,
et les animaux.
Le gaz carbonique que nous éliminons dans l’atmosphère, et que nous
avons tendance à considérer à tort comme un vulgaire produit de déchet,
ne fait en somme que revenir à sa source après avoir constitué la plus grande
partie de la matière des êtres vivants.
5.422,2. Hydrogène sulfuré
L’hydrogène sulfuré intervient parfois de façon indiscutable comme
facteur limitatif de la production ; au point que dans certains lacs ou fjords
profonds, il peut empêcher toute vie, sauf celle des bactéries anaérobies.
Ce gaz, véritable poison, ne s’accumule heureusement que dans les eaux
stagnantes à fond vaseux et riche en déchets organiques provenant principalement des eaux d’égouts.
5.422,3, Azote
En excès, 1 azote libre dissous dans l’eau provoque dit-on la « maladie
gazeuse » des poissons. Après pénétration dans le sang, ce gaz peut quitter
son état dissous pour former des bulles gazeuses dans les vaisseaux sanguins et causer de véritables embolies. Cette maladie se rencontre surtout
dans les piscicultures alimentées par des conduites sous pression. On ne l’a
jamais signalée en eaux libres.
Aux doses normales, on attribuait jusqu’à ces dernières années pratiquement peu d’importance à l'azote dissous en tant que facteur écologique,
