124
PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
profondes sans oxygène pour chercher de la nourriture après avoir fait provision d’oxygène dans les couches supérieures (Allee et al., 1949).
L’anaérobiose temporaire se rencontre chez les organismes aquatiques
allant des protozoaires aux poissons qui, sans être capables de vivre des
mois dans une eau dépourvue d’oxygène dissous, sont capables d’y subsister
des heures, voire des jours, c’est-à-dire beaucoup plus longtemps que ne
peuvent se le permettre les simples « plongeurs » quittant momentanément
les couches superficielles oxygénées. L’explication du phénomène reste
encore à trouver. Y a-t-il éclatement des hydrocarbones, simple réduction
temporaire des besoins en oxygène, ou intervention d’une enzyme permettant
une respiration anaérobie (Welch, 1952)? N’oublions pas à ce sujet que
pour certains biologistes la « respiration anaérobie » qui devrait être remplacée
par le terme « fermentation », constituait la fonction primitive qui n’évolua
que beaucoup plus tard en possibilité d’utilisation directe de l’oxygène
libre.
5.422,03. Effets des teneurs anormalement basses en oxygène
DISSOUS SUR LES ORGANISMES SANS POSSIBILITÉS D’ADAPTATION SUFFISANTES
Lorsque la teneur en oxygène dissous tombe en dessous des possibilités
d’adaptation normales des organismes aquatiques, et des poissons en particulier. cela peut provoquer soit une migration des poissons vers des zones
plus aérées (déplacements courants dans les lacs), soit faciliter l’apparition
de maladies microbiennes ou parasitaires, soit provoquer des mortalités
massives. Les mortalités sous la glace en hiver « Winterkill » sont dues
aussi à l’accumulation de produits de décomposition (Hazzard, 1941 ;
Greenbank, 1945;Gooper et Washburn, 1949). Les mortalités pendant les
grosses chaleurs de l’été « Summerkill » sont dues sans doute également à
l’effet direct de la chaleur, et peut-être à d’autres facteurs, dont l’action se
superpose à celle de la déficience en oxygène (Moore, 1942 ; Patterson, 1951).
5.422,1. Gaz carbonique (CO2)
35 fois plus soluble dans l’eau que l’oxygène, le gaz carbonique constitue,
dans l’eau comme sur terre, la matière première qui, par l’action chlorophyllienne, donnera les hydrocarbones, principaux constituants du règne
végétal. Les très faibles teneurs dont les organismes aquatiques, aussi bien
que terrestres, sont susceptibles de s’accommoder sembleraient indiquer
qu’une insuffisance en gaz carbonique ne risque pas d’intervenir comme
facteur limitatif de la production. Les travaux de Miller (1938) et de
Riley (1944) semblaient indiquer a priori que cette éventualité n’était pas
a éliminer totalement : la consommation annuelle de gaz carbonique par
les seules plantes terrestres étant estimée à (73 ± 18) x 109 tonnes alors que
le stock terrestre et atmosphérique n’était que de 1 700 X 109 tonnes.
Cette éventualité d’une disette en gaz carbonique ne paraît cependant
Précédent

- 150/752

Suivant