116
PÊCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
à-dire de « l’ensemble des organismes se développant sur les surfaces libres
des objets immergés : feuilles, pierres... et plaques de verre ou de plastique
disposées à dessein pour les récolter ». Ces organismes, pour n’en citer que
quelques-uns, renferment des formes très diverses : bactéries, algues, protozoaires, rotifères, bryozoaires, etc. La récolte obtenue sur les objets immergés
au bout de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, est la somme des
développements plus ou moins importants de toute la période d’exposition
et doit en principe être exempte des erreurs d’échantillonnage dues aux fluctuations, dans le temps, de l’activité de la photosynthèse correspondante.
Réserve faite de l’influence des facteurs extra-alimentaires, la rapidité de
dépôt du péryphyton, ainsi que sa composition, devraient donc être un
indice plus valable de la productivité piscicole que les prises d’échantillons
instantanées de plancton ou de benthos (Hentschel, 1915; Young, 1945 ;
Clarke, 1946; Newcombe, 1949; Nielson, 1953). Bien que les résultats
déjà obtenus soient fort encourageants, les techniques de mesures doivent
encore être améliorées et complétées. Il est trop tôt pour parler réellement
d'indices de productivité piscicole à partir du périphyton.
Sur le plan pratique, ce problème du périphyton comme source de nourriture est susceptible de voir son importance accrue avec les travaux de
Rosine (1955). Ceux-ci ont en effet mis en évidence que la quantité de périphyton fixé sur la végétation aquatique était, par unité de surface, fonction
de la nature de la plante. Les Chara supportent par exemple 1,5 à 5 fois plus
de périphyton que les Polygonum. Ces travaux sont à rapprocher des conclusions de Gajevskaja (1958) sur la spécificité de la nourriture dans les cycles
trophiques :
Végétation plus ou moins dure : rarement absorbée, rôle alimentaire faible
sauf comme support du périphyton.
Phytoplancton : quantité d’algues ne sont pas consommées par le maillon
supérieur, d’où discordance entre la valeur énergétique du phytoplancton et
du zooplancton.
Périphyton : bien accessible et recherché, jouerait un rôle plus considérable qu'on ne le pensait dans la chaîne alimentaire.
5.42. Facteurs alimentaires de la production primaire
et du métabolisme de ses organismes : gaz et sels dissous
5.420. Origine des gaz et sels dissous dans l’eau
Pas plus que les poissons, organismes aquatiques supérieurs, les organismes aquatiques inférieurs, constituant le premier maillon de la chaîne
alimentaire, ne sont capables de vivre « d’amour et d’eau claire » dans une
eau strictement pure. La vie ne devient possible dans ce support qu’une fois
souillé par des impuretés qui constitueront la nourriture du phytoplancton
ou «le la végétation proprement dite. Ces aliments de base sont, comme sur
Précédent

- 142/752

Suivant