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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
leur mort, après décomposition par les bactéries, minéralisation, puis retour
au règne végétal par la photosynthèse. Nombre d’organismes du phytoplancton sont trop gros pour être absorbés par les organismes du zooplancton. Ils
ne seront eux aussi utiles qu’après leur mort, après décomposition, minéralisation. puis retour au règne végétal sous forme de nanoplancton ou de phytoplancton de taille plus petite.
Dans le pré de notre exemple, s’il est entretenu convenablement, les vaches
y trouveront un foin composé d’espèces qu’elles ne délaissent pas. Ce n’est
pas le cas des plans d’eau naturels. Dans ces derniers, chaque niveau de la
chaîne alimentaire se compose de multiples espèces, dont certaines sont
recherchées, d’autres délaissées par les organismes du niveau supérieur
(Gajevskaja, 1958). De plus ces espèces ont une valeur alimentaire fort différente selon leur teneur en protoplasme assimilable, ou en produits de soutien tels que chitine, tests calcaires siliceux, etc. Certaines nourritures peuvent
aussi avoir une influence prépondérante, soit sur la croissance, soit sur la
reproduction, soit sur la longévité. On comprend alors sans peine que la
connaissance du stock de la nourriture existant en rivière ne puisse être que
d’un intérêt bien relatif tant que nous ne connaîtrons pas la valeur alimentaire
réelle de chacun de ses composants.
A supposer que ces connaissances soient acquises, d’autres difficultés
seront encore à résoudre :
La connaissance du stock de nourriture pour le poisson n’a pas plus d’intérêt, au point de vue productivité piscicole finale, que la connaissance du
stock de marchandise d’une maison de commerce. La situation « matérielle »
de cette dernière sera indiquée par le chiffre des ventes et les possibilités de
remplacement, c’est-à-dire par sa productivité commerciale. La valeur nutritive d’un plan d’eau sera indiquée de même par la rapidité de remplacement
de son stock de nourriture, élément plus difficile à mettre en lumière que
le stock lui-même.
Lnfin, réserve faite des cas de surexploitation, si certaines espèces, dites
« communes », ont leur développement principalement contrôlé par l’abondance relative de nourriture, telles en étang, les carpes et surtout les bluegills
américains, d’autres espèces dites « rares » (6.121,1) ont leur développement
principalement contrôlé par des facteurs entièrement différents : limitation
des zones de fraye favorables (saumons, truites), défense d’un territoire
(black-bass, épinoches), présence de prédateurs, de parasites...
Pour être clarifié, le problème de l'importance des facteurs alimentaires
dans l’exploitation des eaux continentales doit être repris à la base. On a
commencé à le faire depuis quelques années. La première connaissance à
acquérir de façon approfondie est celle de la production primaire, celle de
la constitution de matière vivante végétale à partir des sels dissous et des
radiations solaires. C’est seulement, après avoir acquis en ce domaine les
connaissances suffisantes, que l’on pourra procéder avec des chances raisonnables de succès à l’étude des transformations de cette production primaire
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