ENVIRONNEMENT. FACTEl RS X 1.1 M E NT AI R ES
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5. I. FACTEURS ALIMENTAIRES OU MÉTABOLIQUES
5.40. Notions générales
sur les facteurs alimentaires ou métaboliques
Pour le profane, pour le technicien de l’élevage même, il semble évident
que la productivité animale soit en premier lieu fonction de la quantité de
nourriture distribuée au cheptel. Le nombre de vaches que peut entretenir
un pré est fonction de la quantité de fourrage que ce dernier peut produire,
et par là même dépend, dans une certaine limite, delà nature et delà quantité
d’engrais épandus sur ce pré. Forts de ce précédent, nombreux furent les
hydrobiologistes (Shorygin, 1939, cite plus de mille références bibliographiques) qui tentèrent de relier la productivité en poissons à l’abondance de
leur nourriture immédiate, plancton et benthos, ainsi qu’à l’abondance de la
nourriture primaire (sels dissous). Les résultats furent décevants comme nous
le verrons. Aucune corrélation nette ne put être mise en évidence comme dans
l’exemple « Engrais-pré-bétail ». A posteriori il nous faut reconnaître que ce
résultat n’a rien d’extraordinaire car nous n’avons pas affaire dans le milieu
aquatique à une relation simple, réduite à trois facteurs, mais à un problème
beaucoup plus compliqué.
La productivité du pré de l’éleveur, estimé en rendement net (3.20)
« vache », provient de la nourriture « foin » sous la dépendance partielle d'un
apport artificiel de « sels minéraux ». Les vaches, seules parties prenantes, ne
se nourrissent que de foin qui, réserve faite des pertes par infiltration, est
seul à bénéficier des apports de sels minéraux.
Dans les écosystèmes constituant nos plans d’eau naturels, la productivité piscicole, estimée en rendement net « poisson », se répartit sur de multiples espèces dont les unes sont herbivores ou phytoplanctonophages comme
les vaches, les autres carnivores, consommateurs de premier, deuxième, ou
troisième degré, chaque degré ne représentant à peu près, en imité d’énergie,
que le dixième de la nourriture qu’il a absorbée (3.2). Dans tout plan d’eau,
il faut donc nous attendre à ce que la productivité piscicole en général, et le
rendement net poisson en particulier, soient fonction du pourcentage de
chaque espèce dans le peuplement et de la position respective de chaque
espèce dans la chaîne alimentaire.
Dans le pré de notre exemple, les vaches, au fur et à mesure de leur
croissance, ont la possibilité d’utiliser tout le foin produit. Ce n'est pas le
cas pour les écosystèmes aquatiques, dans lesquels une partie de la nourriture
que nous inventorions n’est pas immédiatement et totalement disponible
pour les organismes qui les utilisent. Nombre d’invertébrés du benthos sont
si bien cachés sous les pierres, tout au long de leur existence, qu'ils n’interviennent utilement dans la construction de la chaîne alimentaire qu’après
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