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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
5.36. Crues
Les crues modérées peuvent améliorer la production en mettant à la disposition du poisson un appoint de nourriture : terres temporairement submergées, apports de vers de terre, d’insectes... Sous les tropiques il en est de même
des crues saisonnières, même très importantes, lorsque le débit du cours d’eau
peut s’étaler sur de vastes surfaces d’inondation qui empêchent que le courant ne puisse atteindre une vitesse néfaste. C’est à ce phénomène d’inondation périodique que sont dues les énormes productions de bassins tels que
l’Oubangui-Chari-Tchad en Afrique Équatoriale Française avec ses 60 à
80 000 tonnes de poisson ou tels que le Tonlé-Sap au Cambodge avec ses
178 000 tonnes (15.1).
Les crues violentes, particulièrement en période de fraye, sont les plus
néfastes, soit qu’elles balaient oeufs et alevins, soit qu’elles colmatent les
frayères par des dépôts de sable et de vase.
Il y a lieu de retenir sur ce point les études statistiques ci-après :
McKernan, Johnson et Hopges (1950) ont étudié sur 26 années, dans
les diverses rivières à saumons de l’État d’Orégon, les corrélations entre les
crues et la productivité saumonière. Ils ont mis en évidence que les crues
d’hiver et de printemps étaient défavorables à la survie des jeunes générations.
L’n débit supérieur de 50 pour cent à la normale à cette époque leur donne des
migrations ultérieures de quatre à cinq fois plus faibles que la moyenne. Il
est très vraisemblable que ces crues agissent par ensablement et envasement
des frayères où les œufs sont alors asphyxiés. Ce résultat des crues semble
pouvoir être étendu à toutes les espèces de saumons et de truites qui frayent
dans les gravières. Ces auteurs ont montré qu’en été, au contraire, de forts
étiages étaient favorables à la productivité, probablement par l’augmentation
du plan d'eau et du tonnage de nourriture mis à la disposition des jeunes
poissons.
Huntsman (1941) arrive aux mêmes conclusions pour les rivières à saumons du Canada. En outre il met en évidence une influence indirectement
défavorable des eaux basses pendant la belle saison. Pendant les étés secs,
non seulement les jeunes poissons disposent d’une moins grande surface de
terrain d’engraissement, mais les eaux basses et claires favorisent les oiseaux
prédateurs qui font alors des ravages parmi les jeunes classes.
Ces observations montrent l’intérêt d'un régime fluvial avec des crues
faibles ou étalées et des étiages le moins bas possible. Régularité qui n’est
compatible qu avec une excellente conservation du sol des bassins versants :
fort taux de boisement, pâturages de montagnes en bon état, terres de culture
non dégradées.
PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
5.36. Crues
Les crues modérées peuvent améliorer la production en mettant à la disposition du poisson un appoint de nourriture : terres temporairement submergées, apports de vers de terre, d’insectes... Sous les tropiques il en est de même
des crues saisonnières, même très importantes, lorsque le débit du cours d’eau
peut s’étaler sur de vastes surfaces d’inondation qui empêchent que le courant ne puisse atteindre une vitesse néfaste. C’est à ce phénomène d’inondation périodique que sont dues les énormes productions de bassins tels que
l’Oubangui-Chari-Tchad en Afrique Équatoriale Française avec ses 60 à
80 000 tonnes de poisson ou tels que le Tonlé-Sap au Cambodge avec ses
178 000 tonnes (15.1).
Les crues violentes, particulièrement en période de fraye, sont les plus
néfastes, soit qu’elles balaient oeufs et alevins, soit qu’elles colmatent les
frayères par des dépôts de sable et de vase.
Il y a lieu de retenir sur ce point les études statistiques ci-après :
McKernan, Johnson et Hopges (1950) ont étudié sur 26 années, dans
les diverses rivières à saumons de l’État d’Orégon, les corrélations entre les
crues et la productivité saumonière. Ils ont mis en évidence que les crues
d’hiver et de printemps étaient défavorables à la survie des jeunes générations.
L’n débit supérieur de 50 pour cent à la normale à cette époque leur donne des
migrations ultérieures de quatre à cinq fois plus faibles que la moyenne. Il
est très vraisemblable que ces crues agissent par ensablement et envasement
des frayères où les œufs sont alors asphyxiés. Ce résultat des crues semble
pouvoir être étendu à toutes les espèces de saumons et de truites qui frayent
dans les gravières. Ces auteurs ont montré qu’en été, au contraire, de forts
étiages étaient favorables à la productivité, probablement par l’augmentation
du plan d'eau et du tonnage de nourriture mis à la disposition des jeunes
poissons.
Huntsman (1941) arrive aux mêmes conclusions pour les rivières à saumons du Canada. En outre il met en évidence une influence indirectement
défavorable des eaux basses pendant la belle saison. Pendant les étés secs,
non seulement les jeunes poissons disposent d’une moins grande surface de
terrain d’engraissement, mais les eaux basses et claires favorisent les oiseaux
prédateurs qui font alors des ravages parmi les jeunes classes.
Ces observations montrent l’intérêt d'un régime fluvial avec des crues
faibles ou étalées et des étiages le moins bas possible. Régularité qui n’est
compatible qu avec une excellente conservation du sol des bassins versants :
fort taux de boisement, pâturages de montagnes en bon état, terres de culture
non dégradées.
