ENVIRONNEMENT. FACTEURS CLIMATIQUES
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11 faut donc reconnaître à l’heure actuelle que vase et sable sont non
seulement très préjudiciables aux œufs et alevins vésicules de salmonidés
vivant sous les graviers, mais encore aux jeunes salmonidés devenus réellement poissons, et cela pendant un nombre de semaines ou de mois qu’il n’est
pas encore possible de préciser.
Est-ce à dire pour cela qu’une eau « filtrée » soit l'optimum ? Non vraisemblablement, puisque Ward (1938) a mis en évidence qu’un grand nombre
de tout jeunes alevins se nourrissaient de fines particules de vase enrobées
dans une gelée de bactéries, bactéries riches en vitamines (Ivlev, 1945). Là
comme ailleurs c’est une question de juste milieu. Pureté absolue signifie
absence de vie, excès de matières en suspension signifie décès par étouffement,
par empoisonnement... Ce juste milieu varie par exemple avec les situations :
alors que la zone des frayères à salmonidés exige une eau claire, à très faible
turbidité, la zone de croissance des salmonidés s’accommodera parfaitement
de turbidités temporaires même très fortes, moins fortes cependant qu’elles
ne peuvent l’être dans les eaux à poissons blancs.
Pour les grands lacs, comme le lac Érié, Van Oosten (1948) soutient que
l’apport de matières en suspension par les rivières n’est qu’une cause minime
de la turbidité. Seraient beaucoup plus importantes : les vagues qui érodent
les rives, les courants, le phytoplancton et probablement les bactéries. L’auteur observe que la réduction du stock de poissons du lac Érié, à eau relativement trouble, s’est également manifestée dans les autres grands lacs à
eau très claire. Cet appauvrissement serait la conséquence d’une pêche trop
intensive et non d’une augmentation de turbidité.
Pour ce qui est des invertébrés, ceux-ci sont en général beaucoup plus
sensibles à la turbidité. Bon nombre de ces organismes possèdent en conséquence des adaptations morphologiques de leurs appareils respiratoires les
protégeant contre les matières en suspension : branchies protégées dans une
cavité équipée d’un dispositif de filtrage (Needham et Lloyd, 1930 : écrevisses, nymphes de libellules, moules d’eau douce) ; transformation de la
partie antérieure des branchies en une plaque de protection (Needham et
Lloyd, 1930 : aselles, caenis ; Needham et Christenson, 1927 : Tricorythus
erplicatus).
Observation en relation avec les effets de la turbidité sur la réduction de
la luminosité, Pearse a montré que la zone possédant à la fois la plus grande
variété d’espèces et la plus forte productivité en poissons se situait entre
0 et 5 mètres de profondeur dans les lacs lourdement chargés de matières en
suspension, alors qu’elle se situait entre 5 et 10 mètres de profondeur dans
les lacs à eau limpide.
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11 faut donc reconnaître à l’heure actuelle que vase et sable sont non
seulement très préjudiciables aux œufs et alevins vésicules de salmonidés
vivant sous les graviers, mais encore aux jeunes salmonidés devenus réellement poissons, et cela pendant un nombre de semaines ou de mois qu’il n’est
pas encore possible de préciser.
Est-ce à dire pour cela qu’une eau « filtrée » soit l'optimum ? Non vraisemblablement, puisque Ward (1938) a mis en évidence qu’un grand nombre
de tout jeunes alevins se nourrissaient de fines particules de vase enrobées
dans une gelée de bactéries, bactéries riches en vitamines (Ivlev, 1945). Là
comme ailleurs c’est une question de juste milieu. Pureté absolue signifie
absence de vie, excès de matières en suspension signifie décès par étouffement,
par empoisonnement... Ce juste milieu varie par exemple avec les situations :
alors que la zone des frayères à salmonidés exige une eau claire, à très faible
turbidité, la zone de croissance des salmonidés s’accommodera parfaitement
de turbidités temporaires même très fortes, moins fortes cependant qu’elles
ne peuvent l’être dans les eaux à poissons blancs.
Pour les grands lacs, comme le lac Érié, Van Oosten (1948) soutient que
l’apport de matières en suspension par les rivières n’est qu’une cause minime
de la turbidité. Seraient beaucoup plus importantes : les vagues qui érodent
les rives, les courants, le phytoplancton et probablement les bactéries. L’auteur observe que la réduction du stock de poissons du lac Érié, à eau relativement trouble, s’est également manifestée dans les autres grands lacs à
eau très claire. Cet appauvrissement serait la conséquence d’une pêche trop
intensive et non d’une augmentation de turbidité.
Pour ce qui est des invertébrés, ceux-ci sont en général beaucoup plus
sensibles à la turbidité. Bon nombre de ces organismes possèdent en conséquence des adaptations morphologiques de leurs appareils respiratoires les
protégeant contre les matières en suspension : branchies protégées dans une
cavité équipée d’un dispositif de filtrage (Needham et Lloyd, 1930 : écrevisses, nymphes de libellules, moules d’eau douce) ; transformation de la
partie antérieure des branchies en une plaque de protection (Needham et
Lloyd, 1930 : aselles, caenis ; Needham et Christenson, 1927 : Tricorythus
erplicatus).
Observation en relation avec les effets de la turbidité sur la réduction de
la luminosité, Pearse a montré que la zone possédant à la fois la plus grande
variété d’espèces et la plus forte productivité en poissons se situait entre
0 et 5 mètres de profondeur dans les lacs lourdement chargés de matières en
suspension, alors qu’elle se situait entre 5 et 10 mètres de profondeur dans
les lacs à eau limpide.
