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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
(Monod, 1947), ce qui donne un certain poids à cette constatation. Il serait
au premier abord évidemment plus satisfaisant que la corrélation signalée
au Cambodge ne soit pas l’inverse de celle signalée dans le Limousin. Faut-il
d’autre part s’attendre à ce que les réactions soient les mêmes pour toutes
les espèces de poissons, quelle que soit la région et quelle que soit également
la nature physique ou physiologique de la migration ?
En mer, où l’action directe de la lune sur les organismes aquatiques
se double d’une action indirecte par l’intermédiaire des marées, les observations sur l’influence lunaire sont beaucoup plus marquées et beaucoup
plus nombreuses (Korrimga, 1947). A titre documentaire nous en citerons
deux particulièrement typiques :
Sur les rivages des îles du Pacifique Sud, les fameux vers palolo viennent
en surface durant le premier quartier des lunaisons d’octobre et novembre.
Leur abondance est telle que la mer ressemble alors à une soupe de spaghetti.
Les indigènes les récoltent en grande quantité ce qui donne lieu chaque année
à de grandes fêtes et à des cérémonies religieuses.
Sur les côtes pacifiques américaines, les habitudes reproductrices du
grunion ou éperlan de Californie sont une attraction pour les riverains et
estivants. Séjournant normalement en pleine mer, ce petit poisson se rapproche
du rivage au printemps. Lors des grandes marées, d’avril à juin, mâles et
femelles se laissent porter à la limite de la mer par les vagues. Au retrait
de chaque vague, on peut voir mâles et femelles s’enfoncer dans le sable
mouillé pour y déposer leurs œufs, puis repartir avec la vague suivante.
Durant quinze jours, l’incubation se poursuit dans un sable chaud plus
ou moins humide, mais jamais atteint par la mer. Au bout de ce laps de temps
les œufs sont près d’éclore. L’éclosion a lieu avec la grande marée suivante,
qui vient alors jusqu’à eux, et dont profitent les alevins pour reprendre
la mer.
5.321,53. Rythmes solunaires
Nous venons de voir que depuis des siècles, voir des millénaires, les
méthodes de pêche des Cambodgiens, étaient basées sur le fait que la migration d’avalaison du poisson s’opère pendant le premier quartier de la lune.
Du temps où il existait encore des chasseurs professionnels en Floride et
Géorgie, ceux-ci organisaient également leurs expéditions de chasse ou de
pêche en fonction de la lune. Selon leurs observations, c’était en période de
pleine lune et de nouvelle lune (périodes de grandes marées sur le littoral)
que les animaux sauvages, terrestres ou aquatiques, avaient le plus d’appétit
et se déplaçaient le plus pour le satisfaire, ce qui les rendaient plus vulnérables à l'homme, car ce surcroît d’activité se doublait d’une diminution
de leur méfiance.
l- .n mer, c’est un fait admis que de bonnes pêches coïncident en général
avec les grandes marées de pleine et de nouvelle lune.
(•race à l’aide du bureau de géodésie de New York qui établit une « table
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