ENVIRONNEMENT. FACTEURS CLIMATIQUES
99
liant fait remarquer que « quelle que soit la précision de l’horloge physiologique interne possédée par chaque individu, les millions d’horloges correspondant aux individus d’une population ne tarderaient pas à être déréglées
les unes par rapport aux autres s’il n’existait pas un horloger, un stimulus
externe, pour les remettre toutes à l’heure de temps en temps ». C’est en
l’occurence la durée d’illumination des jours qui joue ce rôle de stimulus
principal. Pour l’omble de fontaine, la démonstration en fut faite en décalant les variations normales d’illumination, grâce à la lumière artificielle
(Hoover et Hubbard, 1935; Hazard et Eddy, 1950 (fig. 5.11).
Responsable semble-t-il, comme stimulant externe, du déclenchement
des migrations de nombreux oiseaux (Rowan, 1931 ; Wolfson, 1945), la
photopériodicité n’est peut-être pas sans jouer également un rôle important
dans le déclenchement des migrations de certains organismes aquatiques.
5.321,52. Rythmes lunaires
Dès la plus haute antiquité, la lune fut considérée comme la cause de
la périodicité de nombreuses activités animales, à commencer par le cycle
menstruel de l’espèce humaine. En fait, s’il y a plus ou moins accord entre
ce phénomène et les lunaisons, on ne voit pas pourquoi cet accord serait
autre chose qu’une coïncidence, étant donné que les cycles menstruels des
autres mammifères présentent des périodicités fort différentes qui n’ont
rien à voir avec celle de l’astre de la nuit.
L’époque vint où, par réaction, on ne voulut reconnaître à la lune aucune
influence sur la périodicité des phénomènes vitaux quels qu’ils soient.
En ce qui concerne les eaux douces, L’Héritier (1934) s’éleva contre
cette position négative intransigeante en précisant que dans l’exploitation
des étangs, en Limousin, il était tenu grand compte de la lune. Lors des
vidanges exécutées en vieille lune, le poisson descend de lui-même dans la
pêcherie, alors qu’il a tendance à remonter le courant en nouvelle lune.
Blache et Gossens (1954) ont précisé de leur côté que toute l’exploitation
des terrains inondés du Cambodge était basée en partie sur l'observation
des lunaisons :
« Au sein du mouvement général d’avalaison (retour au fleuve lors de
la décrue) un phénomène régulier bien connu des pêcheurs qui lui ont adapté
leur méthode de pêche permet d’envisager une seconde loi qui, elle, régit
le comportement des poissons dans le mouvement de retour.
« En effet les poissons ne se laissent pas entraîner indifféremment parle courant de la décrue ; ils effectuent une série de migrations passagères,
courtes mais intenses, qui s’étalent sur une durée de 7 à 15 jours pour chaque
migration. Or il est facile de constater que cette migration se manifeste
pendant le premier quartier de la lune et se résorbe avant la pleine lune. »
Le Cambodge, avec l’exploitation de ses terrains inondés (15.1) constitue,
ne l’oublions pas, « le plus grand dispositif naturel de pisciculture qui existe
sur notre planète : 180 000 tonnes de poissons capturés annuellement »
Précédent

- 125/752

Suivant