PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
4 000 mètres, les océans sont donc pour les 3/4 en dehors de toute action
directe de la lumière solaire. Il s’en faut cependant qu’il y règne l’obscurité
totale. La lumière d'origine solaire y est alors remplacée, de façon irrégulière
il est vrai, par une lumière, produite par les organismes vivants eux-mêmes,
connue sous le nom de bioluminescence ou phosphorescence.
A la campagne, en forêt, rares sont ceux qui n’ont pas eu l’occasion
d'observer les vers luisants, les ballets étoilés des lucioles, les phosphorescences de champignons sur de vieilles souches d’arbres. Ce phénomène de
phosphorescence est très fréquemment répandu parmi les organismes marins,
surtout parmi ceux qui fréquentent les profondeurs. Parfois sans utilité
apparente, la bioluminescence correspond dans d’autres cas à une véritable
fonction (Harvey, 1952; Clarke, 1954) : (a) éclairage pour se mouvoir
et détecter des proies ; (b) signaux de reconnaissance pouvant comporter
un véritable code à l’instar de nos projecteurs de signalisation optique ;
(c) attraction de proies par un fanal situé au voisinage de la bouche du
prédateur, (d) défense contre un prédateur, la proie l’éblouissant par un
« coup de projecteur dans les yeux ».
En mer il existe une corrélation entre l’existence des yeux, la pigmentation et l’existence de la lumière ou d’organismes phosphorescents (Sverdrup
et al., 1942 ; Clarke, 1954) :
(1) Eaux de surface : bonne illumination, yeux bien développés, bioluminescence répartie sur des groupes divers.
(2) Profondeur moyenne : illumination réduite, yeux télescopiques souvent
dirigés vers le haut.
(3) Grande profondeur : pas d’illumination solaire, yeux dégénérés parfois absents.
(4) Profondeur abyssale : pas d’illumination solaire, bioluminescence
abondante, yeux bien développés.
Dans les eaux souterraines cavernicoles, un fait curieux mérite d’être
signalé en opposition avec la situation des abysses. La faune des cavernes
se compose d’espèces sans yeux ou à yeux dégénérés. Cette faune a des téguments sans pigments, alors que les poissons abyssaux sont ordinairement
d'un noir de jais ou rouge foncé. Selon Clarke (1954), la forte pigmentation
de ces derniers pourrait correspondre à une adaptation protectrice réduisant
leur visibilité, et donc leur vulnérabilité, sous les coups de projecteurs bioluminescents de leurs ennemis. Ce phénomène de bioluminescence n’existant
pas dans les cavernes, la pigmentation y serait sans utilité et ne s’y serait
pas développée.
5.321,3. Activité locomotrice. « Photokinesie »
W elsii (1932) montra que dans certaines limites la vitesse de déplacement de la larve aveugle d’un crabe, le Pinnotheres maculatus, était fonction
de 1 intensité de 1 illumination. Que leur orientation soit ou non sous la dépen
4 000 mètres, les océans sont donc pour les 3/4 en dehors de toute action
directe de la lumière solaire. Il s’en faut cependant qu’il y règne l’obscurité
totale. La lumière d'origine solaire y est alors remplacée, de façon irrégulière
il est vrai, par une lumière, produite par les organismes vivants eux-mêmes,
connue sous le nom de bioluminescence ou phosphorescence.
A la campagne, en forêt, rares sont ceux qui n’ont pas eu l’occasion
d'observer les vers luisants, les ballets étoilés des lucioles, les phosphorescences de champignons sur de vieilles souches d’arbres. Ce phénomène de
phosphorescence est très fréquemment répandu parmi les organismes marins,
surtout parmi ceux qui fréquentent les profondeurs. Parfois sans utilité
apparente, la bioluminescence correspond dans d’autres cas à une véritable
fonction (Harvey, 1952; Clarke, 1954) : (a) éclairage pour se mouvoir
et détecter des proies ; (b) signaux de reconnaissance pouvant comporter
un véritable code à l’instar de nos projecteurs de signalisation optique ;
(c) attraction de proies par un fanal situé au voisinage de la bouche du
prédateur, (d) défense contre un prédateur, la proie l’éblouissant par un
« coup de projecteur dans les yeux ».
En mer il existe une corrélation entre l’existence des yeux, la pigmentation et l’existence de la lumière ou d’organismes phosphorescents (Sverdrup
et al., 1942 ; Clarke, 1954) :
(1) Eaux de surface : bonne illumination, yeux bien développés, bioluminescence répartie sur des groupes divers.
(2) Profondeur moyenne : illumination réduite, yeux télescopiques souvent
dirigés vers le haut.
(3) Grande profondeur : pas d’illumination solaire, yeux dégénérés parfois absents.
(4) Profondeur abyssale : pas d’illumination solaire, bioluminescence
abondante, yeux bien développés.
Dans les eaux souterraines cavernicoles, un fait curieux mérite d’être
signalé en opposition avec la situation des abysses. La faune des cavernes
se compose d’espèces sans yeux ou à yeux dégénérés. Cette faune a des téguments sans pigments, alors que les poissons abyssaux sont ordinairement
d'un noir de jais ou rouge foncé. Selon Clarke (1954), la forte pigmentation
de ces derniers pourrait correspondre à une adaptation protectrice réduisant
leur visibilité, et donc leur vulnérabilité, sous les coups de projecteurs bioluminescents de leurs ennemis. Ce phénomène de bioluminescence n’existant
pas dans les cavernes, la pigmentation y serait sans utilité et ne s’y serait
pas développée.
5.321,3. Activité locomotrice. « Photokinesie »
W elsii (1932) montra que dans certaines limites la vitesse de déplacement de la larve aveugle d’un crabe, le Pinnotheres maculatus, était fonction
de 1 intensité de 1 illumination. Que leur orientation soit ou non sous la dépen
