POLLUANTS MINÉRAUX
solution universellement satisfaisante, quand il s’agit d’effectuer l’analyse
de plusieurs éléments. Il faut d’ailleurs reconnaître que parmi les modifications préconisées, il en est qui sont fondées sur des résultats d’expérience,
et d’autres qui relèvent en fait d’une confiance à priori accordée à certains
matériaux. Seule l’expérience permet en définitive de juger le bien-fondé de
ces choix.
2.3. CONTAMINATION ATMOSPHÉRIQUE
Les poussières en suspension dans l’atmosphère du laboratoire constituent
une source non négligeable et omniprésente de contamination, agissant sur
les blancs de réactifs et de matériaux, et au cours de toutes les mises en contact
prolongé à l’air des produits à analyser (attaque acide, irradiation UV,...).
Le mercure représente un cas particulier, mais fréquemment observé au
laboratoire, de transfert à distance sous forme de vapeur métallique.
Aussi plus l’analyste devient exigeant sur la pureté de ses réactifs et
sur la décontamination scrupuleuse de son matériel d’analyse, plus il éprouve
le besoin de travailler en atmosphère contrôlée.
Les équipements utilisés pour se prémunir contre cette contamination
sont multiples: hottes à flux laminaire, salles blanches et laboratoires propres.
Plusieurs publications récentes (Patterson et Settle, 1976b, Gardner.
1979 ; Wong et al., 1977) précisent les règles à suivre pour réaliser au mieux
ces laboratoires propres en vue du dosage des métaux en traces dans l'eau de
mer.
Si l'on compare à présent les conditions d’ambiance dans lesquelles sont
effectués les prélèvements en mer, il apparaît encore une différence qualitative flagrante : les manœuvres des bouteilles de prélèvement et le remplissage
des flacons sont généralement effectués en plein air, parfois sous les embruns
et toujours en zone hautement empoussiérée, voire même sous l’influence
directe des fumées du navire. Les précautions élémentaires consistent à
supprimer l'usage imposé par les travaux d’hydrologie de conserver les bouteilles de prélèvement armées et ouvertes sur leur râtelier. Pour l’analyse des
traces métalliques, ces bouteilles seront rangées, et manipulées à l’emplacement considéré comme le plus propre du laboratoire (s’il en existe un) et
armées au dernier moment avant la fixation sur le câble. L’utilisation de
bouteilles isolées de l'atmosphère est à conseiller à cet égard. Les bouteilles
GO-FLO, par exemple, sont fermées par deux boisseaux sphériques et ne
s ouvrent, sous 1 action de la pression hydrostatique, qu’à dix mètres de
profondeur : 1 entrée brutale de l’eau dans la bouteille contribue alors à
nettoyer efficacement les parois. Il est par ailleurs possible de les vider sous
pression de gaz neutre ou d’air filtré.
En outre, la contamination atmosphérique aggrave la contamination
attribuée aux matériaux. Des équipements idéalement propres (bouteilles,
ca e) ne tardent pas à être contaminés en quelques heures sur un navire,
ne serait donc pas logique d’aménager à terre un laboratoire hors poussière
sans faire auparavant un effort au moins équivalent pour disposer en mer
d une ambiance de prélèvement propre.
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