ÉLÉMENTS NUTRITIFS
Avec un spectrophotomètre à double faisceau, une valeur non nulle
peut provenir d'un mauvais équilibrage des faisceaux.
Les mesures d’absorbance sont généralement faites par rapport à une
référence, qui peut être tout simplement l’air, mais qui est généralement l'eau
distillée placée dans la cuve dite de référence. Cette eau distillée doit être
renouvelée fréquemment pour éviter la formation de voiles sur les parois
de la cuve ; l'acidification de l’eau évite également ce phénomène. Il est conseillé
de nettoyer de temps en temps l’intérieur des cuves par un mélange d’acide
nitrique concentré et d’acide sulfurique (1/1) que l’on laisse quelques heures
dans les cuves (Riley et al., 1972).
4.2.2. Détermination des blancs
Pour la mesure des faibles concentrations, la détermination rigoureuse
des blancs d'analyse devient une nécessité en spectrophotométrie.
On appelle blanc toute absorbance parasite ne provenant pas de la réaction colorée produite par l’espèce analysée contenue dans l’échantillon. On
identifie trois types de blancs : le blanc des cuves, le blanc de turbidité, le
blanc des réactifs.
Le blanc des cuves se mesure en mettant de l’eau distillée dans les
cuves de référence et d’échantillon. On utilise toujours la même cuve en
référence, celle qui absorbe le moins (§ 4.2.1).
Le blanc de turbidité doit être contrôlé pour chaque échantillon.
C'est la mesure obtenue en plaçant dans la cuve d’échantillon l’eau de mer à
analyser sans les réactifs. Cette mesure est d’autant plus importante que le
trajet optique est plus long et qu’il y a plus de matières en suspension. La
teneur en particules ne doit cependant pas perturber la mesure par des phénomènes de décantation dans la cuve ou de diffusion. Lorsque les échantillons
sont filtrés ou centrifugés, le blanc de turbidité est généralement négligeable
aux faibles trajets optiques. Pour des salinités voisines, la turbidité d’échantillons filtrés peut être considérée comme constante, ce qui ne nécessite pas
la mesure systématique des blancs de turbidité pour tous les échantillons.
Le blanc des réactifs, généralement plus élevé que les autres blancs
est plus difficile à mesurer de façon rigoureuse. Le blanc des réactifs correspond à 1 absorbance propre des réactifs, c’est-à-dire à l’accroissement d’absorbance qui résulterait du processus normal d’analyse d’une eau de mer
absolument exempte du composé recherché. Cela signifie que l’addition des
réactifs peut provoquer :
une modification de la « turbidité » de l'eau de mer,
une absorption de lumière due à leur coloration propre,
une absorption de lumière due à la réaction colorée du composé
recherché présent dans les réactifs.
On peut obtenir de l eau de mer à concentration extrêmement faible, si
ce n est nulle, en laissant stagner une eau prélevée au printemps ou en été,
non filtrée (presence de phytoplancton), à la lumière et à la température
ambiante pendant plusieurs semaines. Ainsi, l’azote, le phosphore et le silicium minéraux sont generalement abaissés à des niveaux inférieurs aux limites
de détection pour les gammes courantes d'analyses (Grasshoff. 1976).
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