Les carottes de glace
Nous disposons d’une foule de documents historiques
pour retracer les variations météorologiques et
climatiques au cours des 150 dernières années, mais
les indications sur ce que furent les climats d'époques
plus lointaines sont moins étayées - ce qui ne signifie
pas qu'on ne puisse en trouver. Les sources les plus
communes résident dans les anneaux de croissance
des arbres, dans les sédiments du fond des lacs et
des mers, dans les carottes de glace prélevées sur les
glaciers ou les calottes glaciaires.
IX*s climatologues prélèvent en effet dans les glaces
de l'Arctique, et plus encore de l'Antarctique, des
échantillons appelés carottes, qu'ils se procurent en
forant de la surface des glaces jusqu'à des profondeurs
dépassant les 3 km. À de telles profondeurs, la glace
a plusieurs centaines de milliers d'années - elle y est
constituée de neige tombée à ces époques reculées
et comprimée sous le poids des chutes ultérieures.
Dans ces régions la neige ne fond jamais, de sorte
que les différences entre accumulations estivales
et hivernales sont très nettes. Cela explique l'utilité
des carottes de glace dans la mise en évidence de
variations climatiques saisonnières comme à long
terme.
Tout ce qui s’est trouvé dans l’atmosphère s’est
déposé avec la neige - ainsi des cendres du Krakatoa
en 1883 ou des particules des fonderies de plomb de
la Rome antique. Les pollens informent sur les plantes
qui abondaient et donc sur les variations climatiques.
Autre source d’informations : les variations dans
la teneur en acides et sels dissous avec les gaz et les
liquides dans les bulles d'air de la glace. L’étude des
fluctuations des gaz dits « à effet de serre » est un outil
précieux pour la connaissance des climats du passé
comme pour la prédiction des changements à venir.
En haut : des scientifiques recueillent une carotte de glace
antarctique extraite près de la base de Rothera. L’analyse
chimique des carottes de glace est susceptible de révéler
des changements intervenus dans le climat au fil des siècles
et des millénaires. L’air piégé dans les névés (couches supérieures
des neiges glacées) fournit un témoignage direct sur ce qu’était
la composition de l'atmosphère à l’époque où la neige s’est
transformée en glace. Or, l’étude des variations atmosphériques
permet d’améliorer la modélisation et donc de mieux prévoir
les changements futurs.
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