La visibilité se trouva réduite à moins de 10 m
pendant 48 heures à l’aéroport d'Heathrow, mais en
certains lieux, les gens ne pouvaient même pas voir
leurs pieds ! Les transports s’immobilisèrent ; une
représentation au Sadler’s Wells Theatre dut être
annulée car les spectateurs ne voyaient pas la scène
et les comédiens ne se voyaient pas entre eux. Les
services d’urgence et les morgues étaient débordés.
Au moins 4 000 personnes périrent, surtout d’une
aggravation de troubles cardiovasculaires ou
bronchiaux provoquée par le smog. Au marché aux
bestiaux de Smithfield, au centre de Londres, les
bêtes mouraient d’asphyxie. Le nombre des morts
connut un pic à 900 pour la journée du 8 décembre,
mais plus de 2 000 personnes moururent dans la
semaine du 6 décembre. De nombreuses recherches
ont depuis lors permis d’établir (officieusement)
le nombre des décès à 12 000.
Le gouvernement britannique fut contraint de
passer aux actes : la loi sur l’air votée en 1956 allait
reléguer les « purées de pois • au passé. Malgré
la législation cependant, les émissions des véhicules
à moteur demeurent aujourd’hui encore une cause
de pollution urbaine majeure, à Londres comme
dans beaucoup d’autres métropoles.
Donora (Pennsylvanie,
Z
aux Etats-Unis)
En 1948, Donora, ville productrice d’acier et de zinc,
subit une grave pollution industrielle qui fit 19 morts
en 24 heures. Cette ville de 14 000 habitants est sise
dans une vallée fluviale où, en ce mois d’octobre,
une inversion de température fit se répandre un
brouillard qui, mêlé aux polluants industriels libérés
dans l’atmosphère, suscita l’apparition d'un smog
extrêmement délétère. La presque totalité des
19 personnes qui périrent souffraient de troubles
cardiaques ou bronchiaux. Une demi-millier de
personnes atteintes de ce type de troubles virent
leur état s’aggraver, et au total 7 000 personnes
furent affectées. Le problème ne commença à
décroître qu'après la fermeture temporaire des
usines responsables. Cet événement contribua
à déclencher une réaction des autorités, qui
aboutit à une nouvelle législation votée en 1970.
Ci-dessus : le soleil est obscurci par un brouillard de pollution
sur une ville. La majeure partie de la pollution urbaine est due
aux véhicules à moteur
Page ci-contre : image satellite montrant le déplacement
du monoxyde de carbone (CO) vers l'est à travers l'océan
Pacifique, à une altitude de 4 500 m. Le rouge indique
les zones de forte concentration (environ 250 parties par
milliard), le bleu les zones de faible concentration (environ
40 parties par milliard). Le monoxyde de carbone est
produit par la combustion incomplète du carbone, à
l’occasion notamment dîncendies de forêts mais aussi lors
du fonctionnement des moteurs à explosion. Ce gaz est
un important polluant troposphérique (des basses couches
de l'atmosphère). Les images prises par le satellite Terra de
la Nasa montrent la progression du monoxyde de carbone
sur une période de six jours.
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