Le smog londonien,
5-9 décembre 1952
En 1853, Charles Dickens désignait dans Bleak House
les smogs caractéristiques de la capitale anglaise sous
le nom de - conditions particulières de Londres •, tant
ils étaient fréquents. Le smog n’était en rien nouveau
à l’époque ; ce mélange de brouillard et de pollution,
qualifié de • purée de pois • de par sa couleur et
son épaisseur, existait depuis l'époque élisabéthaine
- le dianste du xvir siècle John Evelyn en faisait
même déjà mention, protestant contre la combustion
du charbon dans la ville, aux effets si polluants.
Il fallut attendre l'hiver 1952-1953 pour voir les
événements prendre un tour si grave que des mesures
s'imposèrent enfin. Dans l'immédiat après-guerre, non
seulement le charbon était le principal combustible,
mais l'on employait en outre du gazole pour faire
fonctionner les autobus qui remplaçaient les tramways
en tant que principaux moyens de transport publics.
Le début de l’hiver 1952 fut particulièrement froid, aussi
brûla-t-on davantage de charbon qu’à l’accoutumée afin
de chauffer les bâtiments. Cette vague de froid était
due à un système anticyclonique installé sur la ville
depuis le début de décembre. Londres étant sise dans
un vaste bassin, l’air glacial venu des collines voisines
vint combler cette cuvette sous forme de vents
catabatiques. L'air plus tiède au-dessus de la ville fut
repoussé vers le haut, ce qui créa une inversion de
température. L’air étant calme et saturé, les polluants
des usines, centrales électriques, bureaux, appartements
et véhicules ne purent se disperser ; ils se mêlèrent
au brouillard qui se développait dans le même temps.
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