Les dunes littorales
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aménagements des effets destructeurs des cyclones, on a artificiellement
surélevé, dès les années trente, l’avant-dune par la plantation d’espèces psammophiles et l’installation d’obstacles jouant le rôle de brise-vent. L’idée était de
faire du bourrelet littoral, ainsi renforcé et stabilisé, une sorte de mur de protection pour les constructions situées immédiatement en arrière (Leatherman,
1979). Le résultat a été celui qu’entraîne généralement l’érection de ce type de
structure défensive. Le phénomène de débordement par-dessus la dune
(overwash) étant désormais entravé, toute l’énergie des vagues se concentre sur
la plage proprement dite. Celle-ci est devenue étroite — 75 m environ, soit une
diminution de l’ordre de la moitié de la largeur initiale —, plus pentue aussi
parce que le matériel y est maintenant plus grossier, l’agitation accrue de l’eau
de mer ayant permis l’évacuation des sables les plus fins. Aussi la dune est-elle
aujourd’hui érodée sur son front, d’autant plus qu’ayant été stabilisée il ne lui est
plus possible de reculer. La protection qu’elle assure est fallacieuse comme l’ont
montré les dégâts étendus provoqués par les forts hurricanes des dernières
décennies, en particulier par celui du mercredi des Cendres du 5 mars 1962 (Ash
Wenesday storrri) resté dans toutes les mémoires des habitants de la région.
Il ressort de cet exemple qu’une intervention humaine sur l’avant-dune doit être
conduite avec prudence pour ne pas mettre en danger le fragile équilibre naturel.
2. La lutte contre l’avancée des sables mobiles
Les dunes littorales qui progressent vers l’intérieur des terres menacent d’ensablement les champs, les habitats, les voies de communication. La lutte contre
l’avancée des sables mobiles a commencé il y a longtemps. En France, au XVIIe et
au XVIIIe siècle, des intendants ont prescrit de planter des oyats pour arrêter le
mouvement des dunes de Picardie. Au début du XIXe siècle, N. Brémontier a
associé son nom au démarrage de la grande entreprise de fixation, par la plantation
de pins, des dunes mobiles de la côte d’Aquitaine qui menaçaient d’ensevelissement des villages. Ainsi, l’église romane de Soulac, dans le Médoc, avait été
recouverte par les sables au XVIIe et au XVIIIe siècle.
a r m a n d c o lin .
L a
p h o to c o p ie n o n
a u to ris é e
e s t u n
d é lit.
La lutte contre l’avancée des dunes implique leur immobilisation par un couvert
végétal. Elle se déroule en trois étapes.
La première a pour but de réduire les apports nouveaux de sable en provenance
de l’estran. À cet effet, on a recours aux mêmes techniques que celles qui ont déjà
été décrites à propos de la restauration de l’avant-dune, mais on les utilise en arrière
d’elle et sur une plus vaste surface : plantation, souvent à l’aide de machines,
d’espèces psammophiles, mise en place d'obstacles au vent. Parfois, on creuse aussi
des tranchées qui piègent le sable en mouvement et qui sont périodiquement
dégagées : le sable ainsi récupéré peut être utilisé à diverses fins.
Au-delà du secteur traité de cette façon, en s’éloignant de la mer, les arrivées de
sable diminuent considérablement. Le répit obtenu est mis à profit pour planter des
espèces stabilisatrices, comme Carex arenaria et Salix arenaria, dont la pousse est
accélérée par l’utilisation d’engrais. Pour aider à l'immobilisation de la surface
dunaire, on la jonche quelquefois de branchages ou on l’asperge de boues à base de
produits bitumineux; en séchant, ces boues forment une pellicule superficielle
durcie qui s’oppose à la déflation.
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