94
Les littoraux
Fig. 39. —Profils à travers des îles-barrières de la côte sud-est des U.S.A.
(d’après R. Dolan, 1973).
A : île-barrière à l’état naturel. 1 : berme. 2 : avant-dune basse. 3 : pelouse ouverte. 4 : buissons.
5 : marais herbu. 6 : vasière nue.
B : île-barrière stabilisée. 1 : falaise de sable. 2 : avant-dune artificiellement surélevée. 3 : buissons.
4 : espace bâti. 5 : arbustes. 6 : marais herbu. 7 : vasière nue.
Lorsque l’on restaure une avant-dune, il est important qu’elle retrouve la
morphologie qui était la sienne à l’état naturel et qui était le résultat d’un équilibre
avec la plage à laquelle elle est associée. Il est aussi essentiel qu’elle conserve sa
mobilité car son emplacement se modifie dans le temps, en liaison avec les changements des conditions météo-marines. Oubliant que le mieux peut être l’ennemi
du bien, on a eu parfois le tort de la surélever et de la figer dans sa position en la
boisant. La dune a de ce fait perdu sa souplesse de comportement vis-à-vis des
vagues de tempête et de la légère transgression marine contemporaine.
Prenons le cas, signalé par R. Dolan (1973), des Outer Banks de Caroline du
Nord qui appartiennent au chapelet d’îles-barrières qui frangent la côte orientale
des U.S.A., du cap Cod à la Floride. À l’état naturel, comme on peut le constater
dans la réserve du cap Lookout, la plage est large — environ 150 m — et la dune
qui la borde est basse (fig. 39). L’énergie des vagues déferlantes se dissipe sur le
vaste estran et, pendant les hurricanes, les lames les plus fortes sont capables de
passer par-dessus le bourrelet littoral. On constate aussi une lente migration de
1 île-barrière en direction du continent à la vitesse moyenne de 0,20 m/an. Mais, le
complexe plage-dune reste en équilibre et, parce que les dégâts des tempêtes se
réparent spontanément dans les semaines qui suivent le passage des cyclones, la
morphologie de l’ensemble ne change pas.
Il en va autrement dans les environs du cap Hatteras où le développement du
tourisme balnéaire a entraîné l’urbanisation du cordon littoral, densément
occupé aujourd hui par des villas, des motels, des routes. Pour mettre à l’abri ces
Les littoraux
Fig. 39. —Profils à travers des îles-barrières de la côte sud-est des U.S.A.
(d’après R. Dolan, 1973).
A : île-barrière à l’état naturel. 1 : berme. 2 : avant-dune basse. 3 : pelouse ouverte. 4 : buissons.
5 : marais herbu. 6 : vasière nue.
B : île-barrière stabilisée. 1 : falaise de sable. 2 : avant-dune artificiellement surélevée. 3 : buissons.
4 : espace bâti. 5 : arbustes. 6 : marais herbu. 7 : vasière nue.
Lorsque l’on restaure une avant-dune, il est important qu’elle retrouve la
morphologie qui était la sienne à l’état naturel et qui était le résultat d’un équilibre
avec la plage à laquelle elle est associée. Il est aussi essentiel qu’elle conserve sa
mobilité car son emplacement se modifie dans le temps, en liaison avec les changements des conditions météo-marines. Oubliant que le mieux peut être l’ennemi
du bien, on a eu parfois le tort de la surélever et de la figer dans sa position en la
boisant. La dune a de ce fait perdu sa souplesse de comportement vis-à-vis des
vagues de tempête et de la légère transgression marine contemporaine.
Prenons le cas, signalé par R. Dolan (1973), des Outer Banks de Caroline du
Nord qui appartiennent au chapelet d’îles-barrières qui frangent la côte orientale
des U.S.A., du cap Cod à la Floride. À l’état naturel, comme on peut le constater
dans la réserve du cap Lookout, la plage est large — environ 150 m — et la dune
qui la borde est basse (fig. 39). L’énergie des vagues déferlantes se dissipe sur le
vaste estran et, pendant les hurricanes, les lames les plus fortes sont capables de
passer par-dessus le bourrelet littoral. On constate aussi une lente migration de
1 île-barrière en direction du continent à la vitesse moyenne de 0,20 m/an. Mais, le
complexe plage-dune reste en équilibre et, parce que les dégâts des tempêtes se
réparent spontanément dans les semaines qui suivent le passage des cyclones, la
morphologie de l’ensemble ne change pas.
Il en va autrement dans les environs du cap Hatteras où le développement du
tourisme balnéaire a entraîné l’urbanisation du cordon littoral, densément
occupé aujourd hui par des villas, des motels, des routes. Pour mettre à l’abri ces
