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Les littoraux
Une fois la stabilisation acquise et un sol incipient apparu, on passe à la dernière
étape qui consiste à planter des arbres à croissance rapide, des feuillus et surtout des
résineux. De vastes pinèdes occupent aujourd’hui les espaces dunaires figés de
l’Europe occidentale. Les espèces les plus fréquemment utilisées sont P inus sylvestris, P. maritima, P. laricio, P. pinaster. Au Japon on a recours à P. thunbergii et, sur
les bords de la Méditerranée, à P. halepensis. Ici, à côté du pin d’Alep, on plante
aussi des tamaris (Tamaris articulata), des acacias (Acacia cyanophylla') et des
eucalyptus (Eucalyptus gomphocephala). Évidemment, plus le climat est marqué
par l'aridité, plus l’immobilisation des dunes en mouvement est difficile. Des séries
d’années sèches entraînent la mort des arbres et la reprise de la déflation.
De nos jours, au moins dans les pays où l’opinion est sensibilisée à la conservation de la nature, les dunes mobiles ne font plus l’objet d’entreprises systématiques
de fixation, sauf évidemment là où elles peuvent présenter un risque pour des
établissements humains. Elles ne sont plus perçues comme un milieu chaotique et
répulsif, mais, au contraire, comme un environnement à la topographie vivante et
pittoresque, attractive pour des sociétés avides de loisirs dans des espaces de
liberté et de vacuité. Il faut dire aussi que le productivisme en matière de bois qui
était également une raison avancée pour la fixation des dunes par des plantations
d’arbres a maintenant moins de justification qu’autrefois, en particulier en Europe.
Aujourd’hui, les ingénieurs forestiers qui ont intégralement fixé les dunes mobiles
de la côte d’Aquitaine se heurteraient probablement dans leur entreprise à des
groupes de pression se revendiquant de l’écologie. Ainsi s’explique la protection
actuelle, dans le cadre de parcs nationaux, des grands champs de dunes libres qui
subsistent encore en Europe, comme celui de Coto de Donana en Espagne et celui
de Leba en Pologne.
3. La sauvegarde des espaces dunaires naturellement fixés par la végétation
Il existe des espaces dunaires, parfois étendus, qui se sont mis en place au cours
des derniers millénaires, souvent en liaison avec de faibles pulsations régressives
qui ont, à plusieurs reprises, porté le niveau de la mer légèrement au-dessous de sa
position actuelle. La submersion postérieure de la source en sable a tari l’alimentation des champs de dunes qui ont été spontanément colonisés par des associations
végétales de pelouses, de fourrés ou de forêts. L’Homme n’est pas resté à l’écart de
ces espaces qui lui ont fourni du bois, des pâtures, parfois aussi des terres de
culture. En Écosse et en Irlande, les machairs sont des étendues sableuses littorales, d’origine éolienne, mollement ondulées et couvertes par un tapis de
graminées, qui depuis longtemps servent de pâturages à moutons. Mais, au cours
du XXe siècle, l’emprise s’est accentuée sur ces espaces dunaires anciens propres à
satisfaire la boulimie contemporaine en terrains à usages divers : urbain (extension
des villes littorales), industriel (création d’usines) et récréatif (aménagement de
terrains de golf; développement du camping, du caravanage, du motocross). À cela
s ajoute 1 exploitation à grande échelle du sable, recherché comme matériau de
construction, mais aussi parfois pour son contenu en minéraux lourds (rutile,
zircon, ilménite). Ces utilisations, en particulier celle liée au tourisme qui généralise le piétinement et le roulage, ont eu pour effet de dégrader considérablement la
végétation naturelle, donc de déclencher la remise en mouvement par le vent du
sable, souvent aussi asséché par des pompages d’eau.
Les littoraux
Une fois la stabilisation acquise et un sol incipient apparu, on passe à la dernière
étape qui consiste à planter des arbres à croissance rapide, des feuillus et surtout des
résineux. De vastes pinèdes occupent aujourd’hui les espaces dunaires figés de
l’Europe occidentale. Les espèces les plus fréquemment utilisées sont P inus sylvestris, P. maritima, P. laricio, P. pinaster. Au Japon on a recours à P. thunbergii et, sur
les bords de la Méditerranée, à P. halepensis. Ici, à côté du pin d’Alep, on plante
aussi des tamaris (Tamaris articulata), des acacias (Acacia cyanophylla') et des
eucalyptus (Eucalyptus gomphocephala). Évidemment, plus le climat est marqué
par l'aridité, plus l’immobilisation des dunes en mouvement est difficile. Des séries
d’années sèches entraînent la mort des arbres et la reprise de la déflation.
De nos jours, au moins dans les pays où l’opinion est sensibilisée à la conservation de la nature, les dunes mobiles ne font plus l’objet d’entreprises systématiques
de fixation, sauf évidemment là où elles peuvent présenter un risque pour des
établissements humains. Elles ne sont plus perçues comme un milieu chaotique et
répulsif, mais, au contraire, comme un environnement à la topographie vivante et
pittoresque, attractive pour des sociétés avides de loisirs dans des espaces de
liberté et de vacuité. Il faut dire aussi que le productivisme en matière de bois qui
était également une raison avancée pour la fixation des dunes par des plantations
d’arbres a maintenant moins de justification qu’autrefois, en particulier en Europe.
Aujourd’hui, les ingénieurs forestiers qui ont intégralement fixé les dunes mobiles
de la côte d’Aquitaine se heurteraient probablement dans leur entreprise à des
groupes de pression se revendiquant de l’écologie. Ainsi s’explique la protection
actuelle, dans le cadre de parcs nationaux, des grands champs de dunes libres qui
subsistent encore en Europe, comme celui de Coto de Donana en Espagne et celui
de Leba en Pologne.
3. La sauvegarde des espaces dunaires naturellement fixés par la végétation
Il existe des espaces dunaires, parfois étendus, qui se sont mis en place au cours
des derniers millénaires, souvent en liaison avec de faibles pulsations régressives
qui ont, à plusieurs reprises, porté le niveau de la mer légèrement au-dessous de sa
position actuelle. La submersion postérieure de la source en sable a tari l’alimentation des champs de dunes qui ont été spontanément colonisés par des associations
végétales de pelouses, de fourrés ou de forêts. L’Homme n’est pas resté à l’écart de
ces espaces qui lui ont fourni du bois, des pâtures, parfois aussi des terres de
culture. En Écosse et en Irlande, les machairs sont des étendues sableuses littorales, d’origine éolienne, mollement ondulées et couvertes par un tapis de
graminées, qui depuis longtemps servent de pâturages à moutons. Mais, au cours
du XXe siècle, l’emprise s’est accentuée sur ces espaces dunaires anciens propres à
satisfaire la boulimie contemporaine en terrains à usages divers : urbain (extension
des villes littorales), industriel (création d’usines) et récréatif (aménagement de
terrains de golf; développement du camping, du caravanage, du motocross). À cela
s ajoute 1 exploitation à grande échelle du sable, recherché comme matériau de
construction, mais aussi parfois pour son contenu en minéraux lourds (rutile,
zircon, ilménite). Ces utilisations, en particulier celle liée au tourisme qui généralise le piétinement et le roulage, ont eu pour effet de dégrader considérablement la
végétation naturelle, donc de déclencher la remise en mouvement par le vent du
sable, souvent aussi asséché par des pompages d’eau.
