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Les littoraux
Adaptation du profil transversal d’une plage à une élévation du niveau de la mer. Le modèle
bidimensionnel n’est valable que pour des plages en état d’équilibre sédimentaire, sans transfert latéral appréciable de sables ou de galets. Cette condition réduit considérablement le
champ d’application du principe de Bruun.
sédimentaire. Le profil transversal de la plage migre parallèlement à lui-même vers
la terre par érosion de la partie haute de l’estran. Une partie du matériel ainsi
enlevé s’accumule sur l’immédiate avant-plage de telle sorte que l’épaisseur de la
tranche d’eau littorale y reste constante (fig. 27). Cet ensemble d’effets relève du
principe de Bruun qui a été soumis avec succès à des essais en laboratoire sur
modèle réduit et qui a été aussi vérifié sur le terrain, en particulier sur des plages de
lacs où le niveau moyen de l’eau peut varier rapidement.
Un accroissement de la fréquence et de la force des tempêtes a été aussi
invoqué pour rendre compte de l’érosion contemporaine des plages. Des modifications dans la circulation atmosphérique générale peuvent affecter le régime des
vents et, par voie de conséquence, les conditions hydrodynamiques qui régnent
sur les rivages marins. Par exemple, le traitement des observations faites sur les
caractéristiques des vagues dans la mer du Nord semble indiquer pour la période
1880-1960 une augmentation de leur hauteur, donc de leur énergie. Sur le littoral
de la Manche, des recherches de S. Costa font apparaître que la période 19701990 a vu une accélération de la répétition et de l’ampleur des surcotes marines.
Dans la mer des Caraïbes, il semble bien que l’occurrence des hurricanes se soit
accrue depuis le xvnie siècle. On se rappelle que ce sont les périodes de gros
temps qui sont destructives pour les littoraux meubles. On conçoit donc qu’une
répétition rapprochée des tempêtes dans les latitudes tempérées ou des cyclones
dans les latitudes tropicales ait pour conséquence une érosion et un recul des
plages.
Diminution de la quantité de sédiments disponibles, lente élévation du niveau de
la mer, accroissement possible du pouvoir destructeur des vagues, autant de causes
qui, agissant ensemble, placent les plages dans une situation précaire. Celle-ci
ouvre la voie à une récession, souvent accélérée par les effets, perturbateurs
d’équilibre, de l’emprise humaine sur les rivages meubles.
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