Les plages
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H. Les causes naturelles de la fragilité des plages
Le passage d’une économie d’abondance en sédiments disponibles pour les
plages à une économie de pauvreté qui entraîne leur démaigrissement et leur recul
peut se comprendre à la lumière de nos connaissances sur les variations du niveau
de la mer au cours des 20 000 dernières années.
Lors de l’importante régression provoquée par la dernière grande époque
glaciaire qu’a connue le globe, une vaste partie de ce qui est aujourd’hui la plateforme continentale était émergée. Dans les latitudes moyennes, les agents de dénudation du relief dont les actions érosives étaient exacerbées par la crise climatique
y accumulaient des sédiments détritiques. Dans les latitudes tropicales, les roches,
souvent de type granitique ou métamorphique, étaient altérées et libéraient de
grosses quantités d’arène. Aussi, lorsque, postérieurement à 18 000 ans B.P.,
s’amorce avec la décrue glaciaire une transgression, la mer, au fur et à mesure que
son niveau s’élève, repousse devant elle les matériaux qu’elle rencontre et qu’elle
mobilise aisément. Quand la remontée s’achève, il y a 5 ou 6 000 ans, sables et
galets commencent à s’entasser sur certains rivages. D’amples plages se forment,
de grands champs de dunes se construisent. Cette période d’abondance dure
jusqu’à ce que la réserve sous-marine de sédiments soit tarie et que l’équilibre
littoral — absorption maximale de l’énergie des vagues et transport minimal de
sédiments — soit réalisé, ce qui peut demander un temps plus ou moins long
suivant les endroits. Commence ensuite, et elle est aujourd’hui généralisée, une
époque de restriction en matériaux puisque les seuls apports appréciables se limitent désormais aux produits directs de l’érosion continentale et marine. La
situation du point de vue de l’approvisionnement en sédiments est donc devenue
précaire pour les plages (fig. 26).
La conjoncture est encore aggravée par la légère élévation contemporaine du
niveau de la mer qui est, on l’a vu, de l’ordre de 1,2 à 1,5 mm/an. Or, il a été constaté qu’un tel phénomène peut déclencher un recul sur une plage en état d’équilibre
Fig. 26. — Évolution théorique d’une plage au cours des derniers millénaires,
(d’après E.C.F. Bird, 1985).
Une série de crêtes de plage accolées a été édifiée pendant une première époque (A), caractérisée par une abondante fourniture en sable qui permettait une progradation du rivage. Par la
suite (B), la tendance s’est inversée, conséquence d’une diminution de 1 alimentation en
sédiments; l’érosion prévaut et la plage recule.
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H. Les causes naturelles de la fragilité des plages
Le passage d’une économie d’abondance en sédiments disponibles pour les
plages à une économie de pauvreté qui entraîne leur démaigrissement et leur recul
peut se comprendre à la lumière de nos connaissances sur les variations du niveau
de la mer au cours des 20 000 dernières années.
Lors de l’importante régression provoquée par la dernière grande époque
glaciaire qu’a connue le globe, une vaste partie de ce qui est aujourd’hui la plateforme continentale était émergée. Dans les latitudes moyennes, les agents de dénudation du relief dont les actions érosives étaient exacerbées par la crise climatique
y accumulaient des sédiments détritiques. Dans les latitudes tropicales, les roches,
souvent de type granitique ou métamorphique, étaient altérées et libéraient de
grosses quantités d’arène. Aussi, lorsque, postérieurement à 18 000 ans B.P.,
s’amorce avec la décrue glaciaire une transgression, la mer, au fur et à mesure que
son niveau s’élève, repousse devant elle les matériaux qu’elle rencontre et qu’elle
mobilise aisément. Quand la remontée s’achève, il y a 5 ou 6 000 ans, sables et
galets commencent à s’entasser sur certains rivages. D’amples plages se forment,
de grands champs de dunes se construisent. Cette période d’abondance dure
jusqu’à ce que la réserve sous-marine de sédiments soit tarie et que l’équilibre
littoral — absorption maximale de l’énergie des vagues et transport minimal de
sédiments — soit réalisé, ce qui peut demander un temps plus ou moins long
suivant les endroits. Commence ensuite, et elle est aujourd’hui généralisée, une
époque de restriction en matériaux puisque les seuls apports appréciables se limitent désormais aux produits directs de l’érosion continentale et marine. La
situation du point de vue de l’approvisionnement en sédiments est donc devenue
précaire pour les plages (fig. 26).
La conjoncture est encore aggravée par la légère élévation contemporaine du
niveau de la mer qui est, on l’a vu, de l’ordre de 1,2 à 1,5 mm/an. Or, il a été constaté qu’un tel phénomène peut déclencher un recul sur une plage en état d’équilibre
Fig. 26. — Évolution théorique d’une plage au cours des derniers millénaires,
(d’après E.C.F. Bird, 1985).
Une série de crêtes de plage accolées a été édifiée pendant une première époque (A), caractérisée par une abondante fourniture en sable qui permettait une progradation du rivage. Par la
suite (B), la tendance s’est inversée, conséquence d’une diminution de 1 alimentation en
sédiments; l’érosion prévaut et la plage recule.
