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Les littoraux
Fig. 25. —Migration d’une île-barrière vers le continent à la vitesse moyenne de 0,20 ml an
et pertes en sable, en liaison avec l’élévation du niveau de la mer, dans l’Etat de Rhode Island,
U.S.A. (d’après J.J. Fischer, 1980).
Aux U.S.A., nombreuses sont les îles-barrières de la côte atlantique qui sont en
cours de recul et de démaigrissement. Dans l’État de Rhode Island, une île-barrière
migre vers le continent à la vitesse de 0,20 m/an et le matériel qu’elle perd se répartit
ainsi : 15 % par submersion due au relèvement du niveau de la mer et 85 % par
érosion, desquels 24 % vont vers l’avant-plage, 26 % dans la lagune située en arrière
et 35 % dans les deltas de marée des passes (fig. 25). À Saint Vincent Island, dans le
nord-ouest de la Floride, on a dénombré une centaine de crêtes de plage, accolées
l’une derrière l’autre, qui se sont formées au cours d’une période commencée il y a
environ 4 000 ans. Quelque 2 km2 de terres étaient gagnés chaque siècle en cette
période de progradation due à une grande disponibilité en sable. Depuis 300 ans la
croissance est stoppée, fait qui témoigne d’une diminution de l’alimentation en matériaux. Non loin de là, à Dog Island, la crise érosive a débuté puisque l’on constate un
recul du rivage de l’ordre de 1 m/an. Plus à l’ouest, au Texas, dans l’île de Matagorda,
la récession a commencé plus tôt, il y a près de 1 500 ans, avec une vitesse moyenne
de 1,3 m/an qui s’est légèrement accélérée depuis le milieu du XIXe siècle (1,9 m/an).
En Amérique moyenne, du Mexique à la Colombie et au Vénézuela, 10 % seulement des plages sont en cours d’engraissement; 10 % à 20 % sont stables; tout le
reste perd de sa substance.
En Australie orientale, près de Brisbane, la plage de Woy Woy est constituée sur
une largeur de 3 500 m par une séquence continue de crêtes de plage qui ont été
mises en place à partir de 6 500 ans B.P. L’estran se situe aujourd’hui au pied
d’une crête édifiée vers 1 500 ans B.P, indication qu’ici aussi l’érosion s’est substituée à la progradation.
On pourrait multiplier les exemples. Une enquête internationale a montré que sur
70 % de leur longueur les plages du monde sont aujourd’hui en cours d’érosion; sur
20% elles sont stables et sur 10% seulement il y a progradation (Bird, 1985).
L’essentiel est maintenant d’essayer d’expliquer cette conjoncture de crise que
traversent actuellement les plages. Parce que l’érosion n’est pas apparue partout au
même moment, parce qu’elle affecte aussi bien des littoraux déserts que des rivages
habités, parce que les vitesses de recul sont variables, les causes d’une telle situation
sont probablement complexes. Il en est de naturelles mais d’autres sont d’origine
humaine. Les unes et les autres interfèrent, d’où la difficulté du problème à résoudre.
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