50
Les littoraux
orientés conformément à la pente. Elles apparaissent sous l’action de la nappe de
retrait et elles peuvent se conserver un temps si elles ne sont pas atteintes par les
jets de rive qui suivent.
D. Les caractéristiques zonales des plages
>> La présence dans le sable des plages des mers chaudes d’une importante
fraction bioclastique à déjà été mentionnée. Ce fait s’explique par l’abondance de
la vie animale (mollusques, échinodermes, crustacés) et l’existence d’algues
calcaires dans les eaux littorales à température élevée et à éclairage fort. Les plages
de galets sont rares. En effet, les processus d’attaque chimique des roches prédominent dans la zone intertropicale pour des raisons climatiques (chaleur et
humidité) et ils livrent aux cours d’eau, principaux pourvoyeurs des côtes en sédiments, surtout des débris de taille fine.
Au demeurant, le trait le plus original de ces plages tient à une induration discontinue de leur matériel en beach rock ou grès de plage (Purser, 1980). Le beach rock
qui présente le plus souvent une disposition en dalles inclinées vers l’avant-plage, plus
ou moins épaisses et inégalement durcies, résulte d’une cimentation carbonatée
actuelle (aragonite ou calcite magnésienne) de type vadose, intervenue sur l’estran. Il
se rencontre couramment sur les rivages des mers tropicales, surtout coralliennes,
mais aussi sur les côtes de la Méditerranée méridionale et orientale. La présence d’eau
douce, pluviale ou phréatique, n’est pas indispensable à sa formation. La précipitation
des carbonates peut se produire à partir de la seule évaporation de l’eau de mer dans
l’espace intertidal soumis quotidiennement à des alternances d’humidification et de
dessiccation. Cependant, une situation d’interface eau douce-eau salée, propice à
l’activité cyanobactérienne, favorise le phénomène. Il arrive que la cimentation débute
en profondeur, sous le sable ordinairement mobilisé par les vagues, et c’est le recul de
la côte qui met au jour les dalles, d’autant moins indurées et plus récentes qu’elles
sont plus internes. Dans de telles conditions, la présence d’un beach rock indique une
plage en cours d’érosion où le matériel sédimentaire accumulé depuis la fin de la
transgression holocène est en voie de dispersion (Dalongeville et Sanlaville, 1984).
Les plages des hautes latitudes présentent aussi des aspects spécifiques. Un
caractère original tient à l’abondance du matériel grossier, due à la prédominance
de la fragmentation des roches par la gélifraction dans les régions froides. Il s’agit
de galets à indice d’émoussé peu élevé. Leur faible usure s’explique parce que le
gel les fait éclater et que la formation d’un pied de glace sur les plages en hiver les
soustrait pendant plusieurs mois à l’action des vagues. On rencontre aussi de gros
blocs liés au délestage de glaces flottantes qui viennent s’échouer sur les estrans.
Des tempêtes intervenant au moment de la débâcle construisent sur le haut des
plages des levées bien marquées de glaçons et de blocs. À la même époque, la disparition du pied de glace laisse apparaître des plages bosselées, faites de bombements et
de creux de taille métrique (pitted beaches). Les premiers correspondent à des monticules à cœur de glace tandis que les seconds sont dus à des lentilles de glace qui, ayant
fondu, ont laissé place à des trous (Moign et Héquette, 1990). Mais, ces irrégularités
topographiques sont vite effacées par le va-et-vient des vagues qui empêche aussi le
développement de structures géométriques nettes du type des sols polygonaux.
Les littoraux
orientés conformément à la pente. Elles apparaissent sous l’action de la nappe de
retrait et elles peuvent se conserver un temps si elles ne sont pas atteintes par les
jets de rive qui suivent.
D. Les caractéristiques zonales des plages
>> La présence dans le sable des plages des mers chaudes d’une importante
fraction bioclastique à déjà été mentionnée. Ce fait s’explique par l’abondance de
la vie animale (mollusques, échinodermes, crustacés) et l’existence d’algues
calcaires dans les eaux littorales à température élevée et à éclairage fort. Les plages
de galets sont rares. En effet, les processus d’attaque chimique des roches prédominent dans la zone intertropicale pour des raisons climatiques (chaleur et
humidité) et ils livrent aux cours d’eau, principaux pourvoyeurs des côtes en sédiments, surtout des débris de taille fine.
Au demeurant, le trait le plus original de ces plages tient à une induration discontinue de leur matériel en beach rock ou grès de plage (Purser, 1980). Le beach rock
qui présente le plus souvent une disposition en dalles inclinées vers l’avant-plage, plus
ou moins épaisses et inégalement durcies, résulte d’une cimentation carbonatée
actuelle (aragonite ou calcite magnésienne) de type vadose, intervenue sur l’estran. Il
se rencontre couramment sur les rivages des mers tropicales, surtout coralliennes,
mais aussi sur les côtes de la Méditerranée méridionale et orientale. La présence d’eau
douce, pluviale ou phréatique, n’est pas indispensable à sa formation. La précipitation
des carbonates peut se produire à partir de la seule évaporation de l’eau de mer dans
l’espace intertidal soumis quotidiennement à des alternances d’humidification et de
dessiccation. Cependant, une situation d’interface eau douce-eau salée, propice à
l’activité cyanobactérienne, favorise le phénomène. Il arrive que la cimentation débute
en profondeur, sous le sable ordinairement mobilisé par les vagues, et c’est le recul de
la côte qui met au jour les dalles, d’autant moins indurées et plus récentes qu’elles
sont plus internes. Dans de telles conditions, la présence d’un beach rock indique une
plage en cours d’érosion où le matériel sédimentaire accumulé depuis la fin de la
transgression holocène est en voie de dispersion (Dalongeville et Sanlaville, 1984).
Les plages des hautes latitudes présentent aussi des aspects spécifiques. Un
caractère original tient à l’abondance du matériel grossier, due à la prédominance
de la fragmentation des roches par la gélifraction dans les régions froides. Il s’agit
de galets à indice d’émoussé peu élevé. Leur faible usure s’explique parce que le
gel les fait éclater et que la formation d’un pied de glace sur les plages en hiver les
soustrait pendant plusieurs mois à l’action des vagues. On rencontre aussi de gros
blocs liés au délestage de glaces flottantes qui viennent s’échouer sur les estrans.
Des tempêtes intervenant au moment de la débâcle construisent sur le haut des
plages des levées bien marquées de glaçons et de blocs. À la même époque, la disparition du pied de glace laisse apparaître des plages bosselées, faites de bombements et
de creux de taille métrique (pitted beaches). Les premiers correspondent à des monticules à cœur de glace tandis que les seconds sont dus à des lentilles de glace qui, ayant
fondu, ont laissé place à des trous (Moign et Héquette, 1990). Mais, ces irrégularités
topographiques sont vite effacées par le va-et-vient des vagues qui empêche aussi le
développement de structures géométriques nettes du type des sols polygonaux.
