Les plages
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On appelle îles-barrières de longues flèches situées en avant d’une côte basse,
pas toujours enracinées sur des pointements rocheux, tronçonnées par des passes.
Elles sont constituées par des crêtes de plages, édifiées successivement et souvent
dunifiées. Leur longueur et leur largeur sont variables : de quelques centaines de
mètres à plusieurs dizaines de kilomètres pour la première, de quelques dizaines de
mètres à quelques kilomètres pour la seconde. Les îles-barrières donnent à la côte
orientale de l’Amérique du Nord, du Nouveau-Brunswick au Texas, son aspect
morphologique le plus original. Elles caractérisent aussi de longs secteurs littoraux
de l’Alaska du côté de l’océan Glacial Arctique, de l’Afrique occidentale tropicale,
de l’Australie sud-orientale.
© ARMAND COLIN.
L a ptlO tO C O pie
n o n
a u to ris é e e e t
Diverses théories ont été avancées pour rendre compte de la formation des îlesbarrières. On a d’abord pensé qu’elles pouvaient résulter de la construction par les
vagues de barres sous-marines prélittorales, émergeant ensuite comme conséquence d’une baisse du niveau de la mer. De fait, les îles-barrières de la côte
orientale des U.S.A., du moins celles situées au sud du cap Cod, se trouvent dans
un environnement qui est caractérisé par une transgression continue depuis le
début de l’Holocène et où le niveau de la mer n’a jamais été aussi haut qu’aujourd’hui. C’est pourquoi on a aussi expliqué la formation des îles-barrières par la
submersion partielle d’un cordon littoral dunifié lors d’une transgression. On a
enfin soutenu que certaines îles-barrières pouvaient être la conséquence de la
segmentation par des passes, au cours de leur allongement, de flèches littorales
ancrées à la terre ferme à l’une de leurs extrémités.
A la vérité, il apparaît que les îles-barrières peuvent avoir des origines multiples
et que, quel que soit leur mode de formation, une fois apparues, la dérive littorale
joue un rôle essentiel dans leur alimentation en matériaux, donc dans leur maintien.
Il semble aussi établi que beaucoup d’îles-barrières ont commencé à se former
lorsque la vitesse de la transgression flandrienne s’est ralentie et que le niveau de
la mer se situait d’une dizaine à une vingtaine de mètres au-dessous de son niveau
actuel. Certaines ont pu être submergées sur place alors que la transgression
connaissait une reprise d’accélération et remplacées par d’autres constructions
similaires situées plus en avant (fig. 17). Par exemple, sur la côte de Long Island,
dans l’État de New York, on a repéré à 4 km du rivage et à - 24 m de profondeur
une île-barrière datant de 8 000-9 000 ans B.P. (Sanders et Kumar, 1975). Mais des
îles-barrières ont pu aussi migrer vers la terre au fur et à mesure que le niveau de la
mer s’élevait. Ainsi, toujours sur la côte de Long Island, une île-barrière qui s’était
formée à 2 km en avant du rivage actuel, à - 16 m de profondeur, vers 7 7507 585 ans B.P., s’est déplacée sans cesser d’exister jusqu’à sa position
d’aujourd’hui. De fait, la submersion ou la migration des îles-barrières au cours de
la transgression flandrienne a dépendu de la vitesse de relèvement du niveau de la
mer, de la pente et de la topographie de la plate-forme continentale inondée, de la
quantité de sédiments disponibles. Lors de la stabilisation du niveau de la mer, il y
a 5 ou 6 000 ans, beaucoup d’îles-barrières ont cessé de se déplacer et l’abondance
en matériaux qui caractérisait cette époque à permis leur élargissement du côté de
l'océan par adjonction de crêtes de plage successives. Ainsi, dans le golfe du
Mexique, l’île de Matagorda (Texas) a connu un engraissement qui a porté sa
largeur à 1 600 m et qui a pris fin il y a environ 1 500 ans. Aujourd hui, la plupart
des îles-barrières ont arrêté leur progradation. Certaines sont stables dans leur
position, mais elles s’amincissent. Sur la façade atlantique des U.S.A., au sud de
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