Agents et processus de l’évolution des littoraux
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l’évolution des falaises que le pied de glace joue un rôle important. Il favorise la
gélifraction à son voisinage et contribue ainsi à la formation d’une encoche basale
qui, en se développant, met en déséquilibre le versant et contribue à son écroulement. Parce qu’il reste suspendu en porte-à-faux à marée basse, il exerce une
action de levier sur la paroi rocheuse. Si celle-ci est fissurée, il peut s’en détacher
en entraînant avec lui des blocs rocheux. Quand le pied de glace se dissocie au
début de l’été, ses fragments servent de projectiles aux vagues qui déferlent à la
base des falaises.
© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
H. Les glaces flottantes
Les actions d’érosion, de transport et d’accumulation des glaces qui flottent en
dérivant relèvent de phénomènes qui sont qualifiés de glaciels pour les distinguer de
ceux de type glaciaire liés à l’intervention de la glace des glaciers. On vient de
parler des glaces flottantes issues de la dissociation du pied de glace et de leurs
actions d’enlèvement de sédiments sur les plages et les vasières. Il convient d’y
ajouter \esfloes dont l’origine est la glace de mer, et les icebergs souvent chargés de
sédiments morainiques puisqu’ils proviennent du vêlage des glaciers continentaux.
Lorsque les radeaux de glace flottante talonnent, il raclent et labourent les estrans
meubles. Au printemps, sur les vasières de l’estuaire du Saint-Laurent, dans leur
partie non végétalisée, J.-C. Dionne (1981) a repéré des sillons à bourrelets latéraux, profonds et larges de quelques centimètres ou dizaines de centimètres, longs
parfois de plusieurs centaines de mètres. Il a aussi décrit des traces d’affouillement
qui ressemblent à des coups de pelle et des souilles grossièrement circulaires, de 1 à
2 m de diamètre. Des plates-formes rocheuses, quand elles sont taillées dans des
roches tendres comme les schistes, montrent également des traces d’éraflures et des
marques de choc. Tout ce modelé de détail s’explique par la dérive de glaces flottantes qui ont touché le fond avant de s’échouer. Mais ces radeaux de glace sont
avant tout des agents de transport de matériaux quand il s’agit d’icebergs contenant
de la moraine. Lorsqu’ils s’arrêtent de dériver et fondent, ils se délestent de leur
charge, laissant sur place de gros blocs erratiques ou des amas de galets de provenance plus ou moins lointaine qui introduisent un matériel exotique sur les plages et
perturbent la sédimentation fine des vasières. Quand ils sont abondants, ces matériaux grossiers peuvent constituer des dallages sur les rivages abrités ou être
accumulés en levées de blocs là où l’on est en mode battu.
Il arrive que l’action des glaces flottantes s’étende à l’avant-côte. Sur le littoral
canadien de la mer de Beaufort, A. Héquette a montré qu’elles exercent, lorsque
les fonds sont meubles, une action de labourage jusqu’à 15 m de profondeur, qui
remet en suspension des sédiments fins.
I. Les actions chimiques et physico-chimiques
L’eau de mer dont la salinité accroît l’agressivité attaque les roches de I espace
littoral par l’intermédiaire de processus chimiques et physico-chimiques qui sont
d’autant plus efficaces que ces roches sont plus hétérogènes dans leur composition et
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