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Les littoraux
pendant les tempêtes, et aussi parce que le couvert végétal est généralement peu
dense dans l’espace littoral. Là où la pluviosité est abondante et saisonnièrement
contrastée, comme dans certaines régions méditerranéennes, les falaises d’argiles
et de marnes peuvent présenter un modelé de had lands, caractérisé par des
entailles vives que séparent des crêtes instables.
Lorsque les roches sont perméables par leur porosité naturelle ou leur fissuration, une partie des eaux superficielles s’infiltre. S’il s’agit de calcaires, la
dissolution les mine de l’intérieur par l’élargissement de cavités, comme les
grottes et les galeries, qui facilitent le travail d’érosion des vagues, ainsi qu’on le
constate par exemple sur les abrupts côtiers dans le sud de l’île de Malte. Quand
des falaises d’argiles sont gorgées d’eau, elles se prêtent à des phénomènes de glissement lent ou de décollement rapide.
G. Le gel
L’intervention du gel dans la morphogenèse des rivages marins ne peut être
négligée dans les régions froides et polaires.
En passant à l’état solide dans les pores d’une roche cohérente comme la craie,
l’eau, parce qu’elle augmente de volume, la pulvérise. Si elle se congèle dans les
fissures d’une roche massive comme le calcaire ou le granité, elle la fragmente en
morceaux plus ou moins gros. Ce processus d’attaque des roches, connu sous le
nom de gélifraction ou de cryoclastie, est d’autant plus efficace que le gel est plus
intense et surtout que les alternances de gel et de dégel sont plus fréquentes. Il est
favorisé sur les côtes par l’omniprésence de l’eau. Mais il faut se rappeler qu’en
raison de sa salinité l’eau de mer a un point de congélation plus bas que celui de
l’eau douce (environ - 2 °C pour une salinité de l’ordre de 35 %o) et que sa glace
qui inclut des cellules de saumure a un pouvoir d’expansion moins grand que celui
de l’eau douce.
Sur les falaises constituées par du matériel à forte capacité de rétention d’eau
(marnes, argiles, limons), le dégel printanier ou estival succédant au gel hivernal
déclenche, lorsque le seuil de plasticité, voire de liquidité, est atteint, des coulées
solifluidales. L’existence en profondeur d’une glace interstitielle permanente, le
pergélisol, favorise des mouvements de masse de grande ampleur qui font reculer les
versants côtiers. De telles actions morphogéniques relèvent de la thermo-érosion.
L’existence d’un pied de glace (ice foot) sur les littoraux est caractéristique des
régions des hautes latitudes. Il se forme au début de l’hiver en se soudant au rivage
à peu près au niveau des marées hautes. Il s’agit d’une ceinture de glace d’eau de
mer, alimentée principalement par les embruns, mais enrichie par des congères,
par le gel de l’eau douce de ruissellement et de suintement, d’où sa dureté. Il est
distinct de la banquise côtière, eau de mer gelée en surface, dont il est séparé par
une crevasse. Le pied de glace ne subit donc pas les effets de la marée. Tant qu’il
existe, il soustrait le rivage à l’attaque des vagues, aux effets des courants et aux
actions des agents biologiques. Mais, avec l’arrivée de l’été, les fragments qui
résultent de sa dislocation peuvent contribuer à des actions d’ablation. Sur les
plages ou les vasières, ils arrachent, quand ils sont emportés par les vagues, des
sédiments qui restent collés à eux à la manière d’une semelle. C’est surtout dans
Les littoraux
pendant les tempêtes, et aussi parce que le couvert végétal est généralement peu
dense dans l’espace littoral. Là où la pluviosité est abondante et saisonnièrement
contrastée, comme dans certaines régions méditerranéennes, les falaises d’argiles
et de marnes peuvent présenter un modelé de had lands, caractérisé par des
entailles vives que séparent des crêtes instables.
Lorsque les roches sont perméables par leur porosité naturelle ou leur fissuration, une partie des eaux superficielles s’infiltre. S’il s’agit de calcaires, la
dissolution les mine de l’intérieur par l’élargissement de cavités, comme les
grottes et les galeries, qui facilitent le travail d’érosion des vagues, ainsi qu’on le
constate par exemple sur les abrupts côtiers dans le sud de l’île de Malte. Quand
des falaises d’argiles sont gorgées d’eau, elles se prêtent à des phénomènes de glissement lent ou de décollement rapide.
G. Le gel
L’intervention du gel dans la morphogenèse des rivages marins ne peut être
négligée dans les régions froides et polaires.
En passant à l’état solide dans les pores d’une roche cohérente comme la craie,
l’eau, parce qu’elle augmente de volume, la pulvérise. Si elle se congèle dans les
fissures d’une roche massive comme le calcaire ou le granité, elle la fragmente en
morceaux plus ou moins gros. Ce processus d’attaque des roches, connu sous le
nom de gélifraction ou de cryoclastie, est d’autant plus efficace que le gel est plus
intense et surtout que les alternances de gel et de dégel sont plus fréquentes. Il est
favorisé sur les côtes par l’omniprésence de l’eau. Mais il faut se rappeler qu’en
raison de sa salinité l’eau de mer a un point de congélation plus bas que celui de
l’eau douce (environ - 2 °C pour une salinité de l’ordre de 35 %o) et que sa glace
qui inclut des cellules de saumure a un pouvoir d’expansion moins grand que celui
de l’eau douce.
Sur les falaises constituées par du matériel à forte capacité de rétention d’eau
(marnes, argiles, limons), le dégel printanier ou estival succédant au gel hivernal
déclenche, lorsque le seuil de plasticité, voire de liquidité, est atteint, des coulées
solifluidales. L’existence en profondeur d’une glace interstitielle permanente, le
pergélisol, favorise des mouvements de masse de grande ampleur qui font reculer les
versants côtiers. De telles actions morphogéniques relèvent de la thermo-érosion.
L’existence d’un pied de glace (ice foot) sur les littoraux est caractéristique des
régions des hautes latitudes. Il se forme au début de l’hiver en se soudant au rivage
à peu près au niveau des marées hautes. Il s’agit d’une ceinture de glace d’eau de
mer, alimentée principalement par les embruns, mais enrichie par des congères,
par le gel de l’eau douce de ruissellement et de suintement, d’où sa dureté. Il est
distinct de la banquise côtière, eau de mer gelée en surface, dont il est séparé par
une crevasse. Le pied de glace ne subit donc pas les effets de la marée. Tant qu’il
existe, il soustrait le rivage à l’attaque des vagues, aux effets des courants et aux
actions des agents biologiques. Mais, avec l’arrivée de l’été, les fragments qui
résultent de sa dislocation peuvent contribuer à des actions d’ablation. Sur les
plages ou les vasières, ils arrachent, quand ils sont emportés par les vagues, des
sédiments qui restent collés à eux à la manière d’une semelle. C’est surtout dans
