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Les littoraux
plus perméables à cause de leur porosité ou de leur fissuration. Les variations de la
température au cours de la journée et surtout les alternances fréquentes d’humidification et de dessiccation constituent d’autres facteurs favorables à l’intervention de ces
processus. Aussi leur rôle est-il particulièrement appréciable sur les rivages rocheux
des mers des régions chaudes ou tempérées à fort marnage, là où une ou deux fois par
jour, selon le régime de la marée, de vastes estrans sont successivement submergés et
découverts. Leur action est prolongée par les embruns dans l’étage supralittoral.
L’eau de mer agit par hydrolyse, hydratation, haloclastie.
> L’hydrolyse s’exerce surtout aux dépens de certains minéraux fragiles des
roches plutoniques pour donner naissance à des argiles. La biotite et les feldspaths,
notamment les plagioclases, des granités sont particulièrement vulnérables à son
action. L’olivine des basaltes l’est aussi. L’altération hydrolitique fragilise les
estrans rocheux.
L’hydratation affecte les roches constituées de cristaux susceptibles de fixer
des molécules d’eau, comme le mica noir des granités. Elle provoque une augmentation du volume de ces cristaux qui contribue à désagréger les roches. Quant à
l’hydratation des argiles, elle entraîne leur gonflement qui, lorsqu’il est suivi d’un
dessèchement, favorise l’apparition de fentes de rétraction. Sur les falaises, ces
fentes ouvrent la voie à une pénétration en profondeur des eaux de pluie qui est
susceptible d’engendrer des glissements.
Vhaloclastie attaque les roches sous l’effet de la cristallisation des sels. La
croissance de cristaux de sels dans des pores ou des fissures peu ouvertes développe des poussées. Ces cristaux peuvent encore augmenter de volume par
hydratation subséquente, due par exemple à des brouillards côtiers, ce qui accroît
les contraintes et provoque des brisures. Les roches à texture grenue, comme les
granités ou les grès, sont particulièrement sensibles à l’haloclastie qui rencontre
des conditions très favorables à son intervention dans les milieux littoraux. Le
phénomène s’exerce préférentiellement dans l’étage supralittoral, bien mouillé par
les embruns en mode battu. Son efficacité tient à la fréquence de l’aspersion et à la
rapidité de l’assèchement dont dépend la cristallisation des sels. Il se traduit par
une désagrégation granulaire qui donne de l’arène ou une desquamation qui libère
des écailles de quelques millimètres d’épaisseur. Les formes résultantes sur les
surfaces rocheuses sont des alvéoles souvent groupés et formant des sortes de nids
d’abeilles (photo 5). La coalescence des alvéoles aboutit parfois à la formation de
cavités profondes, de taille métrique, appelées taffonis.
L’eau de mer est-elle capable d’avoir une action de dissolution sur une roche
soluble comme le calcaire ? On a attribué à la dissolution le modelé acéré, fait de
cuvettes, de vasques et de sillons du type lapié, qui caractérise les estrans de roches
carbonatées, en particulier sur les rivages subtropicaux et tropicaux (fig. 13;
photo 6). La fragilité de ces formes exclut l’intervention généralisée d’une action
mécanique des vagues. Mais un problème délicat se pose car les eaux littorales sont
saturées, voire sursaturées, en carbonate de calcium. On a invoqué une désaturation
nocturne de l’eau des cuvettes par l’action d’algues, comme les chlorophycées qui
rejettent du gaz carbonique pendant la nuit. Des mesures de pH sous différentes
latitudes, à plusieurs moments de la journée, ont été faites, mais les résultats sont
rarement inférieurs à 7. Aussi la grande majorité des auteurs est-elle aujourd’hui
plutôt réservée à propos de l’aptitude de l’eau de mer à dissoudre des roches carbonatées, même sur les rivages des régions froides et l’on attribue un rôle essentiel à
Les littoraux
plus perméables à cause de leur porosité ou de leur fissuration. Les variations de la
température au cours de la journée et surtout les alternances fréquentes d’humidification et de dessiccation constituent d’autres facteurs favorables à l’intervention de ces
processus. Aussi leur rôle est-il particulièrement appréciable sur les rivages rocheux
des mers des régions chaudes ou tempérées à fort marnage, là où une ou deux fois par
jour, selon le régime de la marée, de vastes estrans sont successivement submergés et
découverts. Leur action est prolongée par les embruns dans l’étage supralittoral.
L’eau de mer agit par hydrolyse, hydratation, haloclastie.
> L’hydrolyse s’exerce surtout aux dépens de certains minéraux fragiles des
roches plutoniques pour donner naissance à des argiles. La biotite et les feldspaths,
notamment les plagioclases, des granités sont particulièrement vulnérables à son
action. L’olivine des basaltes l’est aussi. L’altération hydrolitique fragilise les
estrans rocheux.
L’hydratation affecte les roches constituées de cristaux susceptibles de fixer
des molécules d’eau, comme le mica noir des granités. Elle provoque une augmentation du volume de ces cristaux qui contribue à désagréger les roches. Quant à
l’hydratation des argiles, elle entraîne leur gonflement qui, lorsqu’il est suivi d’un
dessèchement, favorise l’apparition de fentes de rétraction. Sur les falaises, ces
fentes ouvrent la voie à une pénétration en profondeur des eaux de pluie qui est
susceptible d’engendrer des glissements.
Vhaloclastie attaque les roches sous l’effet de la cristallisation des sels. La
croissance de cristaux de sels dans des pores ou des fissures peu ouvertes développe des poussées. Ces cristaux peuvent encore augmenter de volume par
hydratation subséquente, due par exemple à des brouillards côtiers, ce qui accroît
les contraintes et provoque des brisures. Les roches à texture grenue, comme les
granités ou les grès, sont particulièrement sensibles à l’haloclastie qui rencontre
des conditions très favorables à son intervention dans les milieux littoraux. Le
phénomène s’exerce préférentiellement dans l’étage supralittoral, bien mouillé par
les embruns en mode battu. Son efficacité tient à la fréquence de l’aspersion et à la
rapidité de l’assèchement dont dépend la cristallisation des sels. Il se traduit par
une désagrégation granulaire qui donne de l’arène ou une desquamation qui libère
des écailles de quelques millimètres d’épaisseur. Les formes résultantes sur les
surfaces rocheuses sont des alvéoles souvent groupés et formant des sortes de nids
d’abeilles (photo 5). La coalescence des alvéoles aboutit parfois à la formation de
cavités profondes, de taille métrique, appelées taffonis.
L’eau de mer est-elle capable d’avoir une action de dissolution sur une roche
soluble comme le calcaire ? On a attribué à la dissolution le modelé acéré, fait de
cuvettes, de vasques et de sillons du type lapié, qui caractérise les estrans de roches
carbonatées, en particulier sur les rivages subtropicaux et tropicaux (fig. 13;
photo 6). La fragilité de ces formes exclut l’intervention généralisée d’une action
mécanique des vagues. Mais un problème délicat se pose car les eaux littorales sont
saturées, voire sursaturées, en carbonate de calcium. On a invoqué une désaturation
nocturne de l’eau des cuvettes par l’action d’algues, comme les chlorophycées qui
rejettent du gaz carbonique pendant la nuit. Des mesures de pH sous différentes
latitudes, à plusieurs moments de la journée, ont été faites, mais les résultats sont
rarement inférieurs à 7. Aussi la grande majorité des auteurs est-elle aujourd’hui
plutôt réservée à propos de l’aptitude de l’eau de mer à dissoudre des roches carbonatées, même sur les rivages des régions froides et l’on attribue un rôle essentiel à
