Agents et processus de l'évolution des littoraux
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1. La dérive littorale
En dépit du phénomène de réfraction, les vagues arrivent le plus souvent au
rivage avec une certaine obliquité — leur angle d’incidence est généralement inférieur à 10° — qui explique l’existence, entre les lignes de déferlement et le trait de
côte, d’un courant parallèle au littoral, le plus souvent désigné sous le nom de
dérive littorale. Ce courant joue un rôle très important dans l’évolution des rivages,
en particulier quand il s’agit de plages, et sa connaissance est essentielle lorsque
l’on procède à des aménagements qui empiètent sur l’espace infralittoral, comme
par exemple les installations portuaires.
> La vitesse de la dérive littorale dépend de plusieurs facteurs : période et angle
d’incidence des vagues, hauteur de celles-ci au moment du déferlement, pente et
rugosité de l’espace infralittoral. L’angle d’incidence représente le facteur prépondérant de la vitesse qui est en moyenne de l’ordre de 0,3 à 0,6 m.s-1, mais qui peut
exceptionnellement atteindre 2 m.s-1. La hauteur du déferlement conditionne le
volume de l’eau en mouvement. La vitesse de la dérive littorale n’est pas facile à
calculer. Il existe cependant des formules qui permettent de faire des estimations.
Deux d’entre elles sont particulièrement employées car leurs résultats sont souvent
confirmés par des mesures de vérification faites sur le terrain. Il y a d’abord la
formule de Longuet-Higgins (1970) modifiée par le C.E.R.C. (Coastal Engineering Research Center des U.S.A.), très fréquemment utilisée, qui s’écrit :
[ u = 20, 7 7gH P sin 2a]
mais on a aussi recours à celle de Putnam, Munk et Traylor (1949), retouchée par
J. Larras qui est :
© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
„ ™ gH2
. „
u = 2, 58
psin2a
avec u la vitesse de la dérive littorale en m.s-1, p la pente de l’espace infralittoral
(valeur sans dimension), H la hauteur des vagues en mètres au moment de leur
déferlement, a l’angle d’incidence avec le rivage des vagues qui brisent, T la
période de la houle en secondes et g l’accélération de la pesanteur (9,81 m.s-2). Par
exemple, une houle de période de 6 s, d’une hauteur de 1 m au déferlement arrivant avec une obliquité de 10° sur une plage de 2 % de pente donnera lieu
à une dérive littorale de vitesse de 0,44 m.s-1 selon la première formule, de
0,57 m.s-1 selon la seconde.
La dérive littorale qui par gros temps déporte latéralement les baigneurs est
capable de transporter d’importantes quantités de sédiments mobilisés par le déferlement. C’est le longshore drifting des auteurs de langue anglaise. Ce phénomène
est distinct du heach drifting qui affecte les matériaux des plages (fig. 9). Sur
l’estran, le jet de rive fait monter obliquement les sables et les galets alors que la
nappe de retrait les oblige à redescendre perpendiculairement au trait de côte. On a
vu des morceaux de brique jetés sur une plage se déplacer de cette manière de
plusieurs centaines de mètres en une seule journée.
Lorsqu’un vent souffle vers une côte ou parallèlement à elle, il est capable,
suivant sa direction, de renforcer ou de freiner la dérive littorale qui peut aussi
subir l’influence de la marée. Le sens de la dérive littorale est susceptible de
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