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Les littoraux
qui était encore à cette époque le Pakistan oriental, devenu depuis le Bangladesh. Ce
pays qui s’étend sur une grande partie du delta du Gange, du Brahmapoutre et de la
Meghna est fréquemment victime de submersions marines engendrées par le
passage de cyclones. En 1953, aux Pays-Bas, 1 365 km2 de polders furent inondés et
il y eut 1 835 morts. Les effets morphologiques des ondes de tempête et des
tsunamis sont aussi impressionnants. En novembre 1982, certaines plages de la
Camargue et du Languedoc rétrécirent d’une cinquantaine de mètres en quelques
heures et des dunes les bordant furent entièrement arasées. Lorsque, le 21 septembre
1989, le cyclone Hugo, accompagné de vents dont la vitesse dépassa 200km.1T1,
toucha la côte de la Caroline du Sud, près de Charleston, le niveau de la mer s’éleva
jusqu’à 7 m et des reculs de plage de plus de 20 m furent constatés. Les dunes de
première ligne subirent de sévères érosions au point de disparaître parfois. Dans la
nuit du 22 au 23 mai 1960, à la suite du grand tremblement de terre qui secoua les
régions de Concepciôn et de Valdivia au Chili, la côte sud-est de l’île de Pâques fut
balayée par des vagues démesurées qui firent rouler sur plusieurs dizaines de mètres
les colossales statues de pierre de Yahu Tongariki, l’un des plus monumentaux de
son genre. En 1771, le tsunami Meiwa, remarquable par sa magnitude, fut à l’origine
d’énormes vagues sur les îles du sud de l’archipel des Riou Kiou. A Shimoji, elles
déplacèrent des blocs cyclopéens de calcaire récifal dont l’un mesure 16 m de haut
et 70 m de long. Sur la même île, on trouve une plate-forme rocheuse, d’une
centaine de mètres de large, qui est légèrement émergée. Elle est attribuée à l’action
érosive de vagues exceptionnelles, dues à des ondes de tempête et des tsunamis, qui
se sont produites au cours des 2 000 dernières années pendant lesquelles le niveau de
la mer est resté stable ici. Les effets, sur l’évolution géomorphologique des côtes,
des événements de faible fréquence mais de forte magnitude ne doivent pas être
négligés.
C. Les courants littoraux dus aux vagues
Les courants qui sont intéressants pour la compréhension de l’évolution des
littoraux sont les courants engendrés par les vagues et, éventuellement, par la
marée, à l’exclusion des grands courants liés à la circulation générale dans les
océans et les mers auxquels il arrive de longer des côtes mais qui n’ont pas sur
elles de répercussions morpho-sédimentaires en raison de leurs très faibles
vitesses. Si le pouvoir d’érosion des courants dus aux vagues — la dérive littorale
et les courants de retour — sur les roches cohérentes est faible, leur capacité de
transport est élevée. Ils déplacent en suspension et par saltation des limons et
surtout des sables, par roulage des graviers et des galets. Les actions dynamiques
de ces courants obéissent aux courbes dites de Hjulstrôm (vitesse du courantdimension des matériaux) établies à propos des courants fluviaux. Pour les
éléments fins (diamètre inférieur à 0,3 mm), la vitesse nécessaire à l’arrachement
est bien supérieure à celle qui suffit au transport tandis que pour les éléments grossiers l’enlèvement se fait dès que la vitesse requise par le transport est atteinte. De
fait, sur les côtes, la mise en mouvement des sédiments véhiculés par les courants
est principalement due au déferlement des vagues.
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