Agents et processus de l’évolution des littoraux
23
© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
B. Cas particuliers de vagues
> Les ondes de tempête (storm surges) résultent de la conjonction de plusieurs
phénomènes dont les effets s’additionnent pour faire monter le niveau d’une mer,
agitée par de grosses vagues, bien au-dessus de son niveau habituel. Il y a d’abord
une diminution de la pression atmosphérique liée au passage, soit d’une perturbation du front polaire, soit d’un cyclone tropical. En effet, lorsque le baromètre
baisse de 1 hPa, le niveau de la mer monte de 1 cm, donc de 1 m pour une baisse
de 100 hPa, chute de pression qui n’a rien d’exceptionnel au passage d’un typhon
ou d’un hurricane. Ensuite peut s’ajouter une accumulation sur la côte d’eau
poussée par des vents violents. Ainsi, dans le cas d’un vent soufflant durant douze
heures en direction de la terre à une vitesse de 80 km.h-1, l’élévation de la mer est
de l’ordre du mètre. Il arrive aussi que l’on se trouve en période de marée de viveseaux pendant laquelle la mer, au moment où elle est pleine, monte particulièrement
haut. Enfin, la surcote peut être encore accentuée par un effet de résonance lié à la
configuration du lit marin, en particulier quand les petits fonds s’étendent loin vers
le large. Ainsi, pendant l’onde de tempête qui se manifesta en mer du Nord les
31 janvier et 1er février 1953, le niveau de la mer s’éleva de 3 m sur la côte des
Pays-Bas. Les 7 et 8 novembre 1982, les rivages de la Camargue et du Languedoc
subirent les effets d’une tempête exceptionnelle, de fréquence semi-centennale.
Une diminution marquée de la pression atmosphérique et des vents violents du
sud-est, caractérisés par des rafales de plus de 150 km.h-1, engendrèrent pendant
une cinquantaine d’heures une surélévation du plan d’eau qui, à certains moments,
atteignit 2 m tandis que des vagues de 2 m de haut ravageaient les plages. Le hurricane Eloïse, qui traversa le golfe du Mexique avant de frapper la côte de la Floride
le 23 septembre 1975, fut à l’origine d’une onde de tempête qui se traduisit par de
grosses vagues déferlant sur le rivage jusqu’à 5 ou 6 m au-dessus du niveau normal
de la mer.
► Les tsunamis, encore trop souvent appelés incorrectement raz de marée car le
phénomène n’a rien à voir avec la marée, sont des ondes, liées à des séismes, des
explosions volcaniques ou des glissements sous-marins, qui grâce à l’énorme
énergie mise en jeu peuvent se déplacer à des vitesses élevées, plusieurs centaines
de kilomètres à l’heure, sur des milliers de kilomètres. Au large, elles passent
inaperçues car leur hauteur est faible et leur longueur est grande, supérieure à la
centaine de kilomètres. Mais, lorsqu’elles s’approchent des côtes, elles donnent,
par suite de la diminution de la profondeur, des vagues qui peuvent être monstrueuses puisque des lames de plusieurs dizaines de mètres de haut ont été
signalées. Ce sont les premières qui sont les plus élevées. Les tsunamis sont particulièrement fréquents dans l’océan Pacifique, entouré d’une ceinture séismique et
volcanique, mais ils se produisent aussi ailleurs, en particulier en Méditerranée. On
pense qu’une vague de 39 m de haut a déferlé à Merak, à la pointe nord-est de
Java, lors du tsunami qui a balayé les rivages du détroit de la Sonde en août 1883,
après l’explosion de l’île volcanique de Krakatoa.
Ondes de tempête et tsunamis permettent aux vagues d’attaquer les côtes à un
niveau anormalement haut et avec une puissance peu commune. Ces phénomènes
sont aussi à l’origine d’inondations spectaculaires sur les espaces littoraux bas, en
particulier les plaines deltaïques et les vasières maritimes. II y a eu plusieurs
centaines de milliers de morts lors de l’onde de tempête de novembre 1970 dans ce
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© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
B. Cas particuliers de vagues
> Les ondes de tempête (storm surges) résultent de la conjonction de plusieurs
phénomènes dont les effets s’additionnent pour faire monter le niveau d’une mer,
agitée par de grosses vagues, bien au-dessus de son niveau habituel. Il y a d’abord
une diminution de la pression atmosphérique liée au passage, soit d’une perturbation du front polaire, soit d’un cyclone tropical. En effet, lorsque le baromètre
baisse de 1 hPa, le niveau de la mer monte de 1 cm, donc de 1 m pour une baisse
de 100 hPa, chute de pression qui n’a rien d’exceptionnel au passage d’un typhon
ou d’un hurricane. Ensuite peut s’ajouter une accumulation sur la côte d’eau
poussée par des vents violents. Ainsi, dans le cas d’un vent soufflant durant douze
heures en direction de la terre à une vitesse de 80 km.h-1, l’élévation de la mer est
de l’ordre du mètre. Il arrive aussi que l’on se trouve en période de marée de viveseaux pendant laquelle la mer, au moment où elle est pleine, monte particulièrement
haut. Enfin, la surcote peut être encore accentuée par un effet de résonance lié à la
configuration du lit marin, en particulier quand les petits fonds s’étendent loin vers
le large. Ainsi, pendant l’onde de tempête qui se manifesta en mer du Nord les
31 janvier et 1er février 1953, le niveau de la mer s’éleva de 3 m sur la côte des
Pays-Bas. Les 7 et 8 novembre 1982, les rivages de la Camargue et du Languedoc
subirent les effets d’une tempête exceptionnelle, de fréquence semi-centennale.
Une diminution marquée de la pression atmosphérique et des vents violents du
sud-est, caractérisés par des rafales de plus de 150 km.h-1, engendrèrent pendant
une cinquantaine d’heures une surélévation du plan d’eau qui, à certains moments,
atteignit 2 m tandis que des vagues de 2 m de haut ravageaient les plages. Le hurricane Eloïse, qui traversa le golfe du Mexique avant de frapper la côte de la Floride
le 23 septembre 1975, fut à l’origine d’une onde de tempête qui se traduisit par de
grosses vagues déferlant sur le rivage jusqu’à 5 ou 6 m au-dessus du niveau normal
de la mer.
► Les tsunamis, encore trop souvent appelés incorrectement raz de marée car le
phénomène n’a rien à voir avec la marée, sont des ondes, liées à des séismes, des
explosions volcaniques ou des glissements sous-marins, qui grâce à l’énorme
énergie mise en jeu peuvent se déplacer à des vitesses élevées, plusieurs centaines
de kilomètres à l’heure, sur des milliers de kilomètres. Au large, elles passent
inaperçues car leur hauteur est faible et leur longueur est grande, supérieure à la
centaine de kilomètres. Mais, lorsqu’elles s’approchent des côtes, elles donnent,
par suite de la diminution de la profondeur, des vagues qui peuvent être monstrueuses puisque des lames de plusieurs dizaines de mètres de haut ont été
signalées. Ce sont les premières qui sont les plus élevées. Les tsunamis sont particulièrement fréquents dans l’océan Pacifique, entouré d’une ceinture séismique et
volcanique, mais ils se produisent aussi ailleurs, en particulier en Méditerranée. On
pense qu’une vague de 39 m de haut a déferlé à Merak, à la pointe nord-est de
Java, lors du tsunami qui a balayé les rivages du détroit de la Sonde en août 1883,
après l’explosion de l’île volcanique de Krakatoa.
Ondes de tempête et tsunamis permettent aux vagues d’attaquer les côtes à un
niveau anormalement haut et avec une puissance peu commune. Ces phénomènes
sont aussi à l’origine d’inondations spectaculaires sur les espaces littoraux bas, en
particulier les plaines deltaïques et les vasières maritimes. II y a eu plusieurs
centaines de milliers de morts lors de l’onde de tempête de novembre 1970 dans ce
